Publié le 17 Octobre 2017

POUR UNE HISTOIRE CITOYENNE

La publication du livre de Saïd Sadi a soulevé une polémique sans précédent mettant à nu un grand nombre de préjugés et de non-dits de l’histoire politique de l’Algérie. Ceux qui désignent la Kabylie et les hommes politiques de la région comme des fauteurs de troubles menaçant la stabilité et l'unité du pays sont les mêmes qui ont interdit, en 1980 à Mouloud Mammeri de donner à Tizi-Ouzou une conférence sur les poèmes kabyles anciens, invoquant un complot ourdi par la main de l’étranger. L’Histoire a montré depuis, que la Kabylie, loin de constituer une menace pour l’unité de la nation, est au contraire à la pointe du combat démocratique et de la renaissance culturelle.

 La nation algérienne a été fondée par le génie, le sang et les larmes de tous ses enfants.  Du reste, les ossements de notre plus vieil ancêtre, « l’homme de Ain El Hanech (Sétif) datent de 1 700 000 ans. Nous ne sommes venus ni de l’Est, ni de l’Ouest, ni du Sud, même si notre sang s’est nécessairement mêlé à celui de tous ces migrants que la Méditerranée et le Sahara ont généreusement brassés.

 C’est la chance de l’Algérie de bénéficier de cette diversité. Il faut une grande cécité politique et autant d’ignorance pour vouloir imposer le dogme de l’unicité politique ou idéologique qui nous ghettoïse et nous voue à un déclin inéluctable.

 L’Algérie appartient à tous ses enfants et les flots de sang qui l’ont arrosée durant le 19e et le 20e siècles ont définitivement cimenté le socle national.

 Le temps de la pensée unique est révolu. Le peuple algérien  a conquis par le sang versé le droit  de prendre librement en charge son destin, dans le pluralisme et la démocratie.

 L’évocation dans le livre de Saïd Sadi, de la vie d’Amirouche et la séquestration de sa dépouille et de celle de Haouès par le gouvernement de Boumediene est l’occasion pour nous, citoyens signataires de ce texte, originaires de toutes les régions d’Algérie, de toutes conditions sociales, respectueux du pluralisme des opinions de chacun, de déclarer notre adhésion aux principes suivants :

 1. C’est le droit et le devoir de Saïd Sadi, comme de tout Algérien d’agir pour la manifestation de la vérité historique sur tous les événements dont il a connaissance. C’est par des approches plurielles et contradictoires que l’histoire s’écrit.

 2. Il n'appartient ni à un clan, ni à une institution, ni même à l'État de dicter la vérité historique. A ce dernier, il est fait obligation d’ouvrir les archives nationales aux chercheurs, aux médias et à tout citoyen qui le désire pour qu'enfin les Algériens se réapproprient  leur bien commun, l’histoire de leurs parents, de leurs régions et de leur pays.

 3. Nous en appelons à la sagesse et au patriotisme des acteurs encore vivants du combat de la libération nationale pour libérer leur conscience dans le respect des serments de novembre et de la Soummam, et du sacrifice glorieux de nos aînés. Les faux moudjahidine, les fausses attestations communales, les faux témoignages tout comme les fortunes et les rentes constituées sur le sacrifice des chouhada ont sali la mémoire de notre peuple.  Ces errements ont conduit au népotisme et à la misère sociale, à l’injustice,  à la régression culturelle et à la perte des valeurs morales qui ont préservé notre pays de la déchéance durant tant de siècles de domination.

  4. Forts de notre conviction indéfectible dans le destin national algérien,  nous proclamons notre foi :

 -  en l’unité fraternelle du peuple sur chaque pouce du territoire national  et rejetons toute idéologie raciste, régionaliste qui marginalise ou stigmatise une quelconque fraction de notre peuple ;

 -  en l’instauration d’un État libre, démocratique et social proclamé le 1er Novembre 1954 et le 20 août 1956 au Congrès de la Soummam ;

 -  en la nécessité pour toutes les familles de pensées philosophiques et politiques de renouer les fils du dialogue entre elles afin de redonner espoir à une jeunesse qui possède un drapeau mais pas encore d’avenir.

Texte proposé par Boussad Ouadi

Alger, mai 2010.

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Rédigé par Boussad OUADI

Publié dans #NOTRE HISTOIRE

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Publié le 3 Octobre 2017

J'ai publié ce texte en avril 2008. Sans écho ni succès bien sûr...Que de régressions depuis ! Les lois de 2012 et 2013 sur les associations, les partis et la culture  (loi sur le livre notamment...) ont permis au pouvoir liberticide de corrompre les pseudo intellectuels et contestataires qui ne peuvent s'en rendre qu'à eux-mêmes aujourd'hui... 

Ah ya mermor comme dit un de mes amis...

Un manifeste
Un salon
Un prix littéraire
C’est bien !
Mais pour réaliser ces projets, il faudra abattre les barrières suivantes :
•    Le droit de réunion renié
•    La liberté d’association bafouée

Ces droits constitutionnels qui sont aussi les fondements de la déclaration universelle des droits de l’homme sont niés par le ministre de l’intérieur en Algérie. 
Les associations légalement constituées, pour certaines depuis plus de 20 ans, reconnues par décret du même ministère se voient refuser toutes activités légales. 
Voici comment.
A chaque renouvellement de  leurs instances, elles sont tenues par la loi d’en faire la déclaration, au ministre l’intérieur pour les associations nationales et au wali pour les associations de wilaya.
Le ministère reçoit tous les documents comportant les informations concernant les participants (noms, qualité, signatures), les objectifs et programmes, la trésorerie, bref toutes les infos susceptibles de compléter les fichiers de tous les services de police. Mais il refuse d’en accuser réception et ainsi officiellement, l’équipe dirigeante de l’association devient illégale aux yeux de toutes les institutions. Les comptes bancaires ou CCP sont gelés, les courriers et demandes officielles de réunion, de subvention, de toute manifestation publique sont rejetés du fait de « l’illégalité » des structures de l’association pourtant démocratiquement  élue, conformément à toutes les règles indiquées par la loi.

De fait c’est le Ministère de l’intérieur qui enfreint la loi et commet un acte arbitraire en refusant de reconnaître les associations. Celles-ci ne demandent qu’à agir légalement pour le bien public et la satisfaction des besoins sociaux et culturels de la population.
Il faut faire respecter la loi par M. Le Ministre de l’intérieur. 
Il devrait être interdit d’interdire les associations dans ce pays. 
Les associations sont le vivier de la démocratie dans  toute société moderne. 

C’est de cet interdit que découle :
1.    L’interdiction de manifester
2.    L’interdiction de se réunir
3.    L’interdiction de publier
4.    L’interdiction de parler
5.    L’interdiction d’ester en justice

Les actions à mener sont simples :
•    Réunir un collectif d’associations victimes de cet arbitraire
•    Constituer un collectif d’avocats qui introduirait une action en justice contre le gouvernement qui viole les droits constitutionnels de ses citoyens.
•    Mener une campagne internationale de soutien à ce mouvement et menacer de recourir aux juridictions internationales de Genève et de La Haye. 
Initiée par des écrivains, des journalistes, des avocats, des citoyens de bonne volonté, une telle action ne peut que fédérer, mobiliser, ouvrir une petite fenêtre d’espoir à notre société qui se meurt du carcan des interdits, de la corruption et de la démission civique. 

A mon avis, c’est ça le rôle des intellectuels. La révolution est une autre paire de manche. Bien qu’il ne soit jamais interdit de rêver et que ce sont les utopies qui ont toujours fait le bonheur des hommes et des femmes.
Avril 2008, Boussad OUADI

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Rédigé par Boussad OUADI

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Publié le 3 Octobre 2017

Le 2 juillet 1869 à Charleville-Mézières, ville natale de Rimbaud, un concours général de vers latins oppose plusieurs académies du Nord. Le sujet proposé aux candidats est « Jugurtha », roi numide.

Parmi les compétiteurs se trouve le collégien Arthur Rimbaud, alors âgé de 15 ans. Tandis que les plumes crissent sur le papier, Rimbaud affamé n’écrit rien. Il demande des tartines au concierge. Une fois rassasié, Arthur saisit son porte-plume et écrit ses 75 vers latins sans consulter une seul fois son « Gradus ad parnassum » [manuel composé par des Jésuites du Collège Louis-le-Grand à Paris au milieu du XVIIe siècle, NDLR]. A midi, il rend sa copie et obtient le prix.

«Rimbaud parle en latin d’une actualité politique brûlante, celle de la colonisation d’Algérie (à laquelle avait pris part un certain capitaine Rimbaud [le capitaine d’infanterie Frédéric Rimbaud était le père d’Arthur Rimbaud, NDLR]), profitant de cette première tribune, qui lui est offerte pour faire l’éloge de la révolte» souligna Marc Ascione le traducteur du poème dans « Le Magazine littéraire », N°289, juin 1991. 

Source http://www.ecoliers-berberes.info/poeme%20rimbaud.htm

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Rédigé par Boussad OUADI

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Publié le 3 Octobre 2017

Rédigé par Boussad OUADI

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Publié le 3 Octobre 2017

L’avouerai-je ? Je n’ai pas sursauté à la mauvaise nouvelle. Boussad Ouadi s’en va et La librairie des Beaux-arts ferme ses portes. Non, je n’ai pas sursauté. J’ai toujours associé Boussad Ouadi à une porte fermée. Etrange. Etrange ? Je ne sais pas. Je revois les photos. Celle-là d’abord. Boussad au Salon du livre d’Alger. Devant son stand sauvagement scellé avec des planches et des clous. Il venait d’exposer  Les geôles d’Alger,  mon livre que personne ne voulait éditer. Lui, avait osé. Il reçut mon manuscrit alors qu’il veillait son père mourant, son père, le vôtre, le mien, un homme qui s’était saigné pour instruire ses neuf enfants et dont le seul luxe, le luxe maudit, était cette cigarette qui allait l’emporter. Boussad en parlait avec dévotion. « Il m’a laissé deux ou trois clés pour la vie. » Il lut donc le récit de mes deux années à la prison d’El-Harrach, le récit de nos calvaires présents, alors qu’il veillait ce père agonisant, son père, le vôtre, personnage de nos calvaires anciens, orphelin dès la petite enfance, fils unique sauvé de la misère par un oncle instituteur, devenu ouvrier ébéniste, puis technicien en tout genre chez un riche juif algérois qui possédait les cinémas d’Alger. Le Plaza et le Marignan de Bab El Oued, le Colisée et le Versailles. Encore des portes fermées. Boussad lut ce récit, comme il le dit lui-même, en des moments dérobés à l’atmosphère de deuil et de tristesse et me répondit tard dans la nuit. « J’ai trouvé beaucoup de réconfort dans la lecture de ton texte. Mon père  était un homme de bien, qui m’a beaucoup appris et je ne savais comment le remercier. Je crois que ton texte me permettra de le faire, car il résume, au fond tout ce que je sais de la vie : faire son devoir, vis-à-vis de sa conscience d’abord et des valeurs morales qu’on place au dessus de tout, même au péril de la vie. Que vaut une vie hors la dignité et le respect de soi ; être solidaire des autres,  des plus faibles, être de son temps, en harmonie avec la nature, la société et ses mœurs, dans la mesure, la générosité et l’effort. Ton témoignage m’a beaucoup ému et je serai honoré de le publier, quoi qu’il en coûte. »

C’est ainsi qu’est né un livre. Tard dans la nuit. D’une solitude. Tard dans la nuit, la nuit, ses portes sombres qui verrouillent les vieux tunnels noirs de nos pères,  les portes sacrées des ténèbres, les portes du mensonge, de l'hypocrisie, de l'ignorance, de l'aliénation et de la servitude. Boussad s’était retrouvé seul, avec les clés de son père, devant ces portes massives, seul, de cette solitude qui accompagne, dans mon pays, les fous, les femmes et les traqueurs de lumière. Ils sont, comme ça, quelques-uns dans ce territoire pourtant dominé par l’éclat de la verroterie, ils sont une poignée d’hommes et de femmes, de femmes surtout, à rêver du même voyage, de père en fils, depuis des siècles, à la recherche d’une lumière improbable.  C’est l’idée de la lumière qui leur est indispensable. Ils sont comme les oiseaux de Farid al din Attar, ils sont partis un jour à la recherche duSimorg l’oiseau mythique, l’oiseau fabulé, si beau que nul ne peut le regarder. Pour voir le Simorg, ils traversent le temps avec des élans fous, ainsi que les oiseaux rassemblés par la huppe, avec des élans fous mais aussi avec des reculs épouvantés, dans les paysages redoutables et intimes de l’humanité. Ils savent que nombre d’entre eux disparaitront, comme les oiseaux de Farid al din Attar, submergés par les océans, dévorés par la soif, anéantis par le soleil ou les bêtes sauvages, certains s’entre-tuant tandis que d’autres abandonneront la route. Ils savent tout cela, mais ils préfèrent ce risque millénaire à l’insoutenable indifférence à la lumière.

Ils sont une poignée qui rêvent du même voyage, de père en fils. Ils n’ont jamais oublié le visage du père, nos hameaux nus, nos cordillères éternelles et ces contrées perdues où bat le cœur de la nation. Ce sont les descendants de cette race impérissable de gens humbles de ma terre, ces hommes aux visages brûlés par les épreuves, ces femmes au regard résolu et dans lequel Dieu avait déposé l’expression d’un demi-siècle d’abandon et de ténacité, ces gens que j’avais trouvés devant la porte de la prison, ce 14 juin 2006. … 

A quoi pensait donc Boussad sur cette photo, au Salon du livre d’Alger, devant son stand sauvagement scellé avec des planches et des clous ? Nous étions le 31 octobre 2007. Bouteflika venait de donner le coup d’envoi du 12e Salon du livre d’Alger. Les geôles d’Alger est exposé à côté de La Dignité humaine d’Ali Yahia Abdenour. Le chef de l’État avait à peine quitté l’enceinte de la Foire que les cerbères avaient déboulé sur le stand des éditions INAS, tel un commando de la Gestapo,  éventrent les cartons à la recherche du livre Les geôles d’Alger,ordonnent de retirer les affiches montrant l’ouvrage, enjoignent au personnel de quitter les lieux puis, comme dans un mauvais sketch, osent le geste carnavalesque : ils murent le stand à l’aide de grandes planches ! C’étaient les cerbères d’un régime qui a peur d'un livre, c'est-à-dire d'une déraisonnable petite lumière qui viendrait à s'aventurer dans les opacités du pouvoir. Et laisser des traces. Ah, les traces ! Que peut un gouvernement contre une poignée de traqueurs qui rêvent, de père en fils, depuis des siècles d’ouvrir ces portes par l'arme de la démesure, la littérature, le livre, les mots ? Ecrire. Écrire pour moi, pour ma terre, pour porter la sagesse, l’histoire et la mémoire de mille douleurs, de mille histoires, de mille combats, de mille rêves. Écrire pour laisser des traces, autres que les traces du désert de l’homme, autres que les traces de nos égarements, laisser de nos traces une sagesse ressuscitée, peut-être un patrimoine et, qui sait, une mémoire ! Peut-être Naguib Mahfouz avait-il raison : « L’écriture est maîtresse : elle agit sur la culture et sur les civilisations. »   

A quoi pensait Boussad devant cette porte fermée ? Et devant celle-là, Boussad devant le siège du journal Le Matin. Encore une porte fermée. Conférence de presse. La veille, les vigiles avaient proposé un marché : rouvrir le stand sans  «le livre de Benchicou». Boussad avait refusé. Les journalistes étaient obsédés par une question : pourquoi se battre pour un livre dans une guerre inégale ? « Pour l’avenir, avait répondu Boussad. Si on se tait, c’est  le quitus à la République bananière. » Quelqu’un avait demandé : « Qu’allez-vous faire ? » Boussad avait répondu : « Jeter le livre au milieu du peuple ». Au  milieu de tant d’arrogance, il avait pris une décision qui ne lui ressemblait pas, celle d’organiser, partout, des rencontres avec le public, à commencer par sa librairie du centre d’Alger. « Vous ne risquez rien ? »

Rien qui ne soit plus irrémédiable que le silence.

Les traqueurs du Simorg savent que nombre d’entre eux disparaitront, mais ils préfèrent ce risque millénaire à l’insoutenable indifférence à la lumière.

L’histoire de ces vigiles des ténèbres  qui décrétèrent blasphème tout réverbère sur ce peuple dépossédé de tout, s’était terminée, ce jour-là, par une fronde du peuple dépossédé.   Oui, tout cela s’était terminé par cette autre photo qui donnait raison aux fous et aux rêveurs. J’allais l’oublier celle-là, cette photo d’une foule fière et bigarrée, attendant devant la porte encore fermée de la librairie, sous le regard confus des policiers armés de solides talkies-walkies et chargés de l’impossible mission de museler un livre. Ils étaient là, mères de famille qui revenaient du marché, vieux lecteurs du journal, étudiants aux cheveux gominés, belles jeunes filles au regard de feu, des chômeurs, beaucoup de chômeurs, des cadres, des provinciaux venus pour la circonstance…. Ils étaient là, à s’impatienter, sous les yeux résignés des flics, décidés à empêcher la censure d’un livre édité pour eux. Une fois de plus, ils avaient surgi du fond de leur solitude, pour tendre leur main coriace où se lisait l’espérance de la terre dans ses lignes et ses rides. A Boussad, il me semblait les entendre lui dire ces simples mots : «  On ne s’est jamais vus, mais il y a longtemps qu’on se connaît, mon frère. »  Boussad avait ouvert la porte et la séance avait duré cinq heures : jusqu’à épuisement du stock ! Devant une masse si inflexible d’hommes et de femmes décidés à aller à la rencontre d’un livre, les policiers avaient rebroussé chemin et Les geôles d’Alger, interdit au Salon d’Alger, vint au monde.

 Alors oui, j’ai toujours associé Boussad Ouadi à une porte fermée  et je verrai toujours devant la librairie des Beaux-arts planer une ombre, l’ombre du père, l’ombre des mères de famille qui revenaient du marché et celle des étudiants aux cheveux gominés, l’ombre des belles jeunes filles au regard de feu et des chômeurs résolus ; je verrai tous ces regards et je me souviendrai de Boussad, alors, comme le poète afghan, de  tant de visages brûlés par le soleil, de tant d’hommes désespérés qui rentrent avec une brassée de faim, de quelque chose qui ressemble aux pleurs, de quelque chose qui ressemble au sang, de quelque chose qui ressemble à Alger, je me souviendrai que je dois écrire.

Texte publié initialement par Le soir d'Algérie en 2008

Aujourd’hui le 29/09/2017, dix ans après le décès de mon père, merci Mohamed Benchicou.

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Rédigé par Boussad OUADI

Publié dans #EDITER EN ALGERIE

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Publié le 3 Octobre 2017

 

Ils ont toujours peur que le ciel leur tombe sur la tête.

Ils sont râleurs, rebelles, insoumis,

Éternels déçus du bal de leurs dirigeants qui,

De gauche comme de droite

Font un p’tit tour et puis s’en vont,

Laissant leurs camps trahis et aigris

Et l’opposition plus enragée que jamais.

 

Ni gauche, ni droite ne trouve grâce à leurs yeux,

Pour certains, les choix sont extrêmes :

Renverser la table et tenter la rouge révolution

Ou bien brandir l’étendard sanglant de la nation 

 

Et Macron vint !

La France se mit En Marche…

 

Le nouveau Pardaillan vous réglera ça.

Vous ne vouliez : ni droite ni gauche !

Vous voilà gouvernés par la droite ET la gauche.

La plus mollasse des droites, celle du centre

La plus traitresse des gauches, la libérale.

 

En somme, le cocktail insipide des moins pires.

 

Surgis des villages gaulois, hier ennemis,

Les voilà prêts à gouverner ensemble la France de demain

 

Que pensez-vous qu’il adviendra de cet étrange attelage ?

 

Il est conduit par d’expertes cervelles bien pleines,

Prêtes à recycler de vieilles recettes bien de droite,

Pour en découdre définitivement avec le monde du travail

Des syndicats, des droits acquis, du progrès social.

Pour assurer enfin la prééminence définitive du  Capital

Garantir les dividendes, imposer la flexi-sécurité

Et chanter les louanges de la société ubérisée

 

Il est constitué d’un peuple de gauche avachi :

Malbouffe, Sécu, congés, paillettes et strass éphémères

Ce peuple qui refuse le deuil des 30 Glorieuses,  

Continue à rêver du Grand soir…

 

Boussad Ouadi, juin 2017

 

 

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Rédigé par Boussad OUADI

Publié dans #LA LUTTE DES CLASSES CONTINUE

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Publié le 3 Octobre 2017

Monsieur Vétillard,

Sur France Inter le 22 août dernier, dans l’émission « La marche de l’histoire » de Jean Lebrun, vous avez tenu des propos équivoques ou laisser dire des informations choquantes sur les massacres du 20 août 1955 à Skikda.

Je me permets de vous contredire pour tenter de rétablir l’équilibre entre 2 paroles, 2 interprétations : la vôtre, celle du pied-noir, médecin devenu historien  et contemporain des évènements de Skikda et la mienne, algérien âgé de 6 ans à cette date.

Je reste souvent circonspect à l’égard de la « vision française » de la décolonisation de l’Algérie que vous perpétuez. Faites donc admettre aux Français que  « leur guerre d’Algérie » est pour nous, Algériens, « la guerre de France » comme nous avons vécu la guerre de Rome, de Byzance, des Vandales, des Arabes ou des Turcs. Cette page est tournée, mais nous la relisons fort différemment Français et Algériens.

Vous avez consigné vos recherches et analyses dans un volume de 500 ou 600 pages. Je garde pour moi, les enseignements de mes lectures de plusieurs centaines de livres sur l’histoire d’Algérie et la guerre de libération. Nous échangeons aujourd’hui, chacun dans son pays d’origine, car l’Histoire fait bien les choses au final : il faut savoir prendre acte de ses verdicts.

Nulle acrimonie ni passéisme de notre côté, mais que de ressentiment et d’aveuglement du vôtre !

Pourquoi continuer une guerre, mille fois perdue pour vous ?

Vous rendez-vous compte de la façon dont vous travestissez les faits, par des choix de vocabulaire blessant et un déséquilibre affligeant dans le jugement des protagonistes de cette guerre qui fut asymétrique comme vous le savez si bien ?

« Donnez-nous vos avions et vos chars, nous vous remettrons volontiers nos couffins » disait fièrement Ben M’hidi à ses tortionnaires.

Après vous avoir écouté à la radio, m’est revenu en mémoire le travail admirable de Claire Mauss Copeaux ( qui a enquêté sur le terrain, n’en déplaise aux doctes certitudes de Pervillé et consorts qui travaillent sur des archives coloniales dont, jamais ils ne remettent en cause l’objectivité. Celle d’une armée venue bouffer du « Fel » après sa défaite face aux « vietcongs ».

Sur Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacres_d%27août_1955_dans_le_Constantinois :

Claire Mauss-Copeaux affirme que lors des affrontements 26 militaires ont été tués, et  96 civils dont 71 Européens ont été massacrés25. Elle avance en 2011 que si l'on se fie aux estimations officieuses de militaires français, 7 500 Algériens auraient été tués entre le 20 et le 25 août. Estimation qui ne tient compte toutefois que des hommes tués au cours des affrontements et des ratissages. Selon l'historienne : « Il ne faut pas oublier les autres victimes, massacrées par les milices ou tuées après le 25 août »26. Néanmoins, ces conclusions ont été critiquées par Guy Pervillé qui souligne que l'auteure « s'est contentée d'une enquête incomplète et a pris le risque de généraliser imprudemment ses conclusions […] »27. Dans un compte-rendu détaillé du livre de Claire Mauss-Copeaux Algérie, 20 août 1955. Insurrection, répression, massacres, il reproche à celle-ci de s'être faite l'« avocate d’une cause, en sélectionnant parmi les faits ceux qui allaient dans le sens de ce qu’elle voulait démontrer »28.

Dans un article paru dans La Nouvelle Revue d'histoire, Roger Vétillard estime que le total des morts atteint 119 Européens, une cinquantaine dans les forces de l’ordre et au moins 42 musulmans et que les victimes du côté des insurgés sont entre trois et cinq mille morts7.

Dans votre comptabilité macabre : quelques unités ou dizaines d’Européens sont « sauvagement massacrés, égorgés, mutilés, éviscérés, émasculés. Par contre les « arabes », les « indigènes » sont éliminés, tués, au pire « massacrés »  (et vous êtes bien rares à utiliser ce terme et encore moins à détailler les modalités du massacre : je peux vous emmener dans plusieurs « Oradour sur glane » en Kabylie, pour vérifier de vos yeux les monstruosités commises par les mêmes légionnaires qui avaient auparavanbt bouffé du « terro » lors de la bataille d’Alger ». Combien d’entre vous en parlent ?).

Parlons chiffres : vous savez que les 300 000, voire 500 000 ou 700 000 victimes algériennes de 1954 à 1962 étaient des civils à 90%. Jamais l’ALN n’a compté plus de 20 ou 30 000 hommes  armés, bien sommairement en plus.

Ces 300 000, 500 000 ou 700 000 personnes humaines sont composées de femmes : 150 000, 250 000 ou 350 000 femmes et petites filles. Combien avaient moins de 25 ans, moins de 15 ans, des enfants… 120 000, 200 000 ou 280 000 enfants. Des terroristes, toutes ces femmes et ces enfants ? Ou simplement de la vermine à exterminer ?

Les résistants avaient comme armes : des couteaux ou des haches, des fusils de chasse, au mieux des pistolets mitrailleurs pris à l’ennemi. Jamais de canons, mortiers, FM lourds, chars, avions ou napalm.

Des dizaines, des milliers d’appelés témoignent que leurs tirs « à l’aveugle » et leurs ratissages faisaient des victimes innombrables au nom de la sacro-sainte « responsabilité collective ». Un attentat était commis, (pensez au Bataclan, à l’Hyper Kacher, le referez-vous aujourd’hui ?)  tout un quartier, un village, une ville était bombardé, réprimé aveuglément. Ces notions du moyen âge, ces pratiques de seigneurs tyranniques, dans l’impunité totale et avec l’encouragement des plus hautes autorités militaires et de membres éminents des gouvernements de la République du pays des droits de l’Homme ont été à l’origine de la mort injuste d’algériens certainement innocents, juste coupables du désir de liberté.

CAR NOUS N’ETIONS PAS LIBRES MONSIEUR ! JUSTES DES INDIGENES, DES SUJETS ET DES SOUS-HOMMES SOUMIS AU CODE DE L’INDIGENAT. Ce ne sont pas des propos de propagande ! Juste des souvenirs d’un enfant kabyle de 6 ans en août 1955.

Je peux vous envoyer des centaines de photos de cimetières dont les stèles comportent les noms de familles entières, décimées dans le même bombardement, ou bien alignés et sommairement exécutés dans la cour de leur maison. Que de témoignages sur les fosses communes au bulldozer, ou plus souvent des « puits-fosses communes ». Que dire de la douleur de cette mère dont le bébé meurt d’insolation sous ses yeux, sommée sous le soleil de juillet,  de réparer la route que les « fellagha » avaient sabotée la nuit. Elle habite à Boulogne Billancourt aujourd’hui, près de chez vous.

De même, la torture pratiquée à l’échelle industrielle, faisait-elle la distinction entre des hommes et des femmes dont on saignait la chair et le sang au prétexte : « tous coupables, tous solidaires, tous métèques, bicots, bougnouls et ratons auxquels on dénie le droit à la dignité et le respect dû à la personne humaine ? Des rafles aveugles de milliers d’innocents au prétexte qu’il « pouvait y avoir parmi eux des poseurs de bombes ». Pour un supposé suspect on torturait selon les méthodes barbares de la Gestapo.  Seuls certains résistants comme le Général de la Bollardière, a refusé de pratiquer la torture dans une armée de 2 millions de Français Anciens combattants en Algérie.

Mon oncle de 15 ans, handicapé physique a été mis en demeure de s’accoupler à une pauvre femme errante du village, en présence de mon grand-père qui venait de subir d’affreuses tortures, à Tizi-Rached, en Kabylie en 1959. Imaginez l’épreuve pour ce fier montagnard, qui à 18 ans était dans vos tranchées, face aux Allemands.  Mon enfance a été hantée par les cauchemars des tantes violées, d’oncles et voisins abattus, dont les corps étaient exposés sur la place du village pendant des jours. A Alger, après avoir fui la Kabylie, notre petit appartement de 3 pièces à Bab El Oued, était une infirmerie permanente pour les victimes des tortures, un refuge pour les filles qui fuyaient les viols collectifs, un centre de transit pour émigrés, internés et prisonniers ballotés d’une ville à l’autre.

Lorsque, dans la même émission radio, vous rappelez la sauvagerie de celui qui a massacré un bébé dont la cervelle dégoulinait sur le mur, que n’avez-vous évoqué la haine sanguinaire des anciens nazis de la légion étrangère, de ces pauvres appelés morts de trouille qui, pour venger un des leurs, tombé dans une embuscade, étaient prêts à « boire le sang des algériens » ? Et ils l’ont fait : ils ont mangé leurs oreilles, découpés leurs testicules, tranché leurs gorges. A barbare, barbare et demi. Quoi de neuf sous le ciel. Pourquoi ne faites-vous jamais ces parallèles ?

Après la macabre évocation de ce pauvre bébé, vous parlez benoitement de « représailles contre des mechtas ». Ces bébés, ces femmes, ces êtres humains, bombardés, fusillés, mutilés par milliers (2 000 ou 20 000, qualifiés d’insurgés de surcroit, cela change quoi à la disproportion et à la barbarie de ces français de « la patrie des droits de l’Homme » ?) ces algériens, n’ont-ils pas eu des cranes fracassés, des corps disloqués, des morts atroces ?

Des morts anonymes, par milliers, parmi les « rebelles, fellaghas, terroristes, vietcongs », des européens, des colons, des blancs, parés de vertus humaines incomparables, de visages d’anges morts en martyrs  pour la France. Manichéisme révoltant qui continuera de produire des horreurs tant qu’il n’y sera pas mis une définitive.

Tous les morts, ceux de votre guerre d’Algérie, ceux de notre guerre de libération,  pèsent du même poids de leur égale condition humaine, celle que l’histoire leur a attribué, dans le tumulte des guerres, des passions et des haines dont les hommes sont capables.  

Que vous ayez été du Parti des forts, n’a pas fait de vous les vainqueurs, car la seule force des armes ou de la technologie ne suffit pas à faire perdurer l’injustice. Il fallait la décolonisation, il fallait rétablir le droit à la dignité et l’égalité des hommes en Algérie. Interrogez vos dirigeants aveugles qui, durant 130 ans ont été incapables de comprendre le sens de l’histoire comme le rappelle ce bon mot du brave Général Giap : « l’impérialisme est un mauvais élève, il ne retient pas les leçons de l’Histoire ».

Et pour panser les blessures de tous ceux qui portent des séquelles dans leur chair ou leur mémoire, rien ne vaut la vérité, la justice et la réconciliation, le juste chemin qu’a indiqué à son peuple le grand visionnaire et humaniste Nelson Mandela. L’Algérie et la France ont manqué d’hommes de cette trempe pour que l’histoire se déroulât autrement.

Le chemin sera long, mais c’est dans ce sens que nous devons aller pour que nos enfants  puissent demain, se regarder, se reconnaitre mutuellement à égalité de droits dans le respect des mémoires et l’engagement vers un futur moins conflictuel, plus fraternel si cela se peut.

En Algérie, comme dans vos banlieues, c’est ce discours qui vaudra si vous voulez assurer la sérénité des âmes et la paix entre nos pays.

Avant de vous écrire, j’ai relu cet article d’un auteur dont ne je partage pourtant pas les options idéologiques, mais qui me parait d’une encourageante lucidité.

Je vous invite à méditer sur ses conclusions.

L'indépendance de l'Algérie était-elle inévitable ? Alain-Gérard Slama dans le n°140 de la revue HISTOIRE, daté janvier 1991 -

Cf : http://www.lhistoire.fr/lindépendance-de-lalgérie-était-elle-inévitable-0

Je vous prie d’accepter, Cher Monsieur Vétillard, les salutations d’un algérien qui partage avec vous la commune terre natale et le regret de n’avoir pu construire un vivre ensemble qui aurait peut-être changé le destin de notre Mare Nostrum, la Méditerranée.  

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Rédigé par Boussad OUADI

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Publié le 3 Octobre 2017

K 13Muhya - Sin nni- Les émigrés de Sławomir Mrożek
K 12Muhya - Si Pertuf (Incomplète) Tartuffe de Molière
K 11Muhya - Sinistri. La farce de Maitre Patelin
K 10Muhya - muh terri inspité de Lu Xun La véritable histoire de Ah Qu
K 9Muhya - "Cix ahcraruf" ou Tajajurt adaptée de La ficelle de Guy de Maupassant
K 8Muhya Tacbaylit La jarre de Pirandello
K 7Muhya - Muhend U Caâban (cassette 7)  "Memnon ou la sagesse humaine" de Voltaire
K 6Muhya - Urgagh mmutegh (cassette 6) Adaptation d'auteurs divers
K 5Muhya - tamacahut ileghmane (cassette 5) Adaptation d'auteurs divers
K 4Muhya - Uqbel ademtagh (cassette 4) Adaptation d'auteurs divers
K 3Muhya - Urgagh lehhugh (cassette 3) Adaptation d'auteurs divers
K 2Muhya - Aghrum s lmus (cassette 2) Adaptation d'auteurs divers
K 1Muhya - Ad ghragh di lakul (Cassette 1) Adaptation d'auteurs divers
 

Merci à medgha Sirius qui a mis ces enregistrement en ligne sur Youtube

 
 Liens hypertextes
 Muhya - Si Pertuf (Incomplète)
 Muhya - Sinistri
 Muhya - muh terri
 Muhya - "Cix ahcraruf"
 Muhya Tacbaylit
 Muhya - Muhend U Caâban (cassette 7)
 Muhya - Urgagh mmutegh (cassette 6)
 Muhya - tamacahut ileghmane (cassette 5)
 Muhya - Uqbel ademtagh (cassette 4)
 Muhya - Urgagh lehhugh (cassette 3)
 Muhya - Aghrum s lmus (cassette 2)
 Muhya - Ad ghragh di lakul (Cassette 1)

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Rédigé par Boussad OUADI

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Publié le 3 Octobre 2017

Lors d’échanges entre membres de la 4ACG et leurs amis, en voyage en Algérie, il est apparu que l’usage de certains mots de l’histoire partagée entre l’Algérie et la France n’étaient pas innocents et ne recouvraient pas les mêmes significations, selon qu'on soit Algérien ou Français en 2017.

Ci-dessous un petit florilège de ce vocabulaire à revisiter avec un regard critique.

  1. ALGERIE FRANCAISE. Le parfait oxymore (mot constitué de deux mots de sens contradictoires). Imaginons que l’histoire eût accouché de cette douce violence : 2/3 des députés français seraient en 2017 d’origine algérienne. A Colombey-les-2-Eglises, de Gaulle se retournerait dans sa tombe.
  1. ARABES, KABYLES, NEGRES, INDIGENES, synonymes dIGNORANTS BARBARES, SAUVAGES, REFRACTAIRES A LA CIVILISATION, AU PROGRES, AU DEVELOPPEMENT. (Cf Lecour Grandmaison. Coloniser Exterminer. Ed. Fayard)
  1. ASSIMILATION = le fait d'aller du différent au semblable, selon le dictionnaire Le Robert. L’assimilation culturelle conduit à l’acculturation, susceptible d’enfanter les comportements sociologiques monstrueux qui se déroulent sous nos yeux.
  1. BUREAUX ARABES évoquent  l’(in)justice coloniale, la perception des impôts iniques. Ils furent remplacés par les SAS. (Cf. plus bas)
  1. CAMPS DE REGROUPEMENT. CAMPS D'INTERNEMENT ADMINISTRATIF. ZONES INTERDITES OU EVACUEES pratiques généralisées lors de « la guerre de pacification 1954-62 »
  1. COLON. COLONISATION. COLONIALISME. GUERRE COLONIALE : synonyme d’assujettissement, d’exploitation, de « Chosification » selon Aimé Césaire.
  1. CONQUETE. EXPEDITION. EXPANSION COLONIALE : termes glorifiant le viol de territoires et populations étrangères
  1. EMPIRE. IMPERIAL. IMPERIALISME c’est la vassalisation des peuples et des États conquis par les puissances européennes  qui se sont arrogé des droits supérieurs à ceux de tous les humains différents d’eux. L’Européocentrisme a enfanté les théories racistes et bellicistes qui ont provoqué les guerres les plus dévastatrices des 2 derniers siècles et les relents xénophobes et racistes d’aujourd’hui.
  1. ENFUMADE. ENFUMER. EXTERMINER, ANEANTIR. EXECUTIONS SOMMAIRES. LIQUIDATIONS. CORVEES DE BOIS. Le général Bugeaud, Lamoricière, Saint-Arnaud, Montagnac, Cavaignac durant la 1ère phase de colonisation (1830-1871) puis Massu, Aussaresses, Bigeard, Leger, Trinquier etc. entre 1954-62, ont théorisé ces actes militaires barbares pratiqués dans les colonies. Cf Lecour Grandmaison. Coloniser Exterminer. Ed. Fayard
  1. FATMAS (femmes de ménages). YAOULEDS (enfants cireurs-mendiants) désignent avec mépris des femmes et des enfants « indigènes » au service des « européens ».
  1. FELLAGHAS. FELLOUZE. CROUILLA (déformation de khouya qui signifie frère). BOUGNOULE (du wolof=noir). RATONS (de rat). BICOT (de arabico) MELONS
  1. GENOCIDE.  La tentative avortée d’extermination de la population algérienne lors de la phase initiale de colonisation, vaut autant la qualification de crime que si elle avait réussi. L’intention de crime est aussi grave que le crime lui-même.
  1. HORDE de gueux, de fellaghas, d’égorgeurs, de tueurs. Évoque toujours la menace de la multitude dangereuse (indigène) qui menace la quiétude des « gentils » (européens) dans leurs droits, leurs propriétés, leurs privilèges, leurs « biens-mal-acquits ».
  1. INDIGENE. INDIGENAT. CODE DE L’INDIGENAT.  Une justice administrative qui s'applique aux seuls « indigènes ». Elle ne respecte pas les principes généraux du droit français. Elle autorise des sanctions collectives, des déportations d'habitants en sanctionnant des pratiques que la loi n'interdit pas, sans défense ni possibilité d'appel.
  1. NEGRES. NOIRS. SOUDANAIS (Vient de soudane = noir en langue arabe. Il y eut le Soudan français devenu Mali et le Soudan Anglais). VILLAGES NEGRES OU INDIGENES (faubourgs peuplés d’indigènes)
  1. PACIFICATION mot utilisé en temps de guerre pour indiquer que des populations civiles sont prises en otage par l’armée en vue de les neutraliser.
  1. PRINCIPE DE RESPONSABILITE COLLECTIVE est l’arme principale du code de l’indigénat qui permet aux autorités civiles et militaires de sévir sur toute population indigène si l’un de ses membres a commis le moindre délit. D’où le séquestre de terres, les massacres collectifs, la torture massive, amendes, bannissements etc…
  1. RACE. RACE INFERIEURE OU SUPERIEURE. RACE VICTORIEUSE. RACE VAINCUE. Au 19ème siècle les théories racistes s’appuient sur de pseudo-découvertes scientifiques recensées par Arthur de Gobineau dans son Essai sur l’inégalité des races humaines en 1853 et qui prône la supériorité de la « race blanche » sur les autres races. Ces idées sont relayées par les plus grands « Esprits » : Tocqueville, Lamartine, Victor Hugo, Jules Ferry etc…
  1. REBELLES a pour synonyme : dissident, insoumis, insurgé, révolté. De Gaulle, rebelle en 1940 est un héros, James Dean ou Bob Dylan sont des idoles encensées par les jeunes. Mais attention à ne pas être rebelle algérien, Viêt, afghan ou africain !
  1. SAS = sections administratives spécialisées, chargées de "pacifier" et promouvoir l'« Algérie française » en servant d'assistance scolaire, sociale, médicale envers les populations rurales musulmanes afin de les gagner à la cause de la colonisation.
  1. SEQUESTRE. EXPROPRIATION. CADASTRE. Les peuples colonisés ont été dépossédés de leurs terres, leurs biens, leurs temples sacrés au prétexte que la propriété était collective ou bien que leurs terres n’étaient pas « cadastrées ».
  1. SOURIRE KABYLE : le service de propagande de l’armée française, pour endoctriner les jeunes appelés, a usé et abusé de l’embuscade de Palestro le 18 mai 1956 pour accréditer la sauvagerie des combattants algériens prétendument adeptes de l’égorgement par « sourire kabyle ». Le livre (et son adaptation au cinéma) de Raphaëlle Branche  a pourtant mis à nu les contrevérités historiques et resitué l’événement dans le temps plus long de l’Algérie coloniale en mettant en lumière le passé tourmenté de la région de Palestro. Ce sont les descendants des paysans spoliés lors de la colonisation qui auraient commis des sévices sur les militaires français et non pas les combattants de l’ALN qui se sont vite repliés après avoir réussi leur embuscade. La propagande a la peau dure…
  1. TERRORISTES. Les excès de la terreur de 1789 ou des résistants en 1940-45 ne connaissent pas l’opprobre du terrorisme  des années 2000. Les guerres asymétriques du fait de la disproportion évidente entre les armadas occidentales et les guérillas du tiers-monde engendrent des violences dont les populations euro américaines refusent d’assumer la responsabilité. L’occident entretient la misère dans le monde mais refuse d’en endosser les conséquences.
  1. TORTURE : Henri Alleg a écrit : « Je pus, durant un mois, observer la marche de l’usine à tortures… Et lorsqu’il m’arrivait de croiser des  prisonniers musulmans, je lisais dans leurs yeux une solidarité, une amitié si totales que je me sentais fier, justement parce que j’étais un Européen, d’avoir ma place parmi eux… » Lire  La question. Henri Alleg. Éditions de minuit, 1958. La torture avilit ses auteurs et c’est au nom de la France que cette barbarie s’exerça contre les algériens. De plus, aucun des tortionnaires de la guerre d’indépendance de l’Algérie n’a été jugé, ni condamné à ce jours pour ses actes. Seule, l’apologie….
  1. TRIBUS. CLANS. Pour déconsidérer nos sociétés dominées, on remplaça les mots peuples, classes ou catégories sociales par ces références aux subdivisions ethniques des « peuples à organisation primitive ».
  1. VIOL. Est un crime contre la femme, contre la terre, contre la conscience d’autrui, ses croyances ou sa foi. Parfait synonyme de COLONIALISME.
  1. ZOUAVES. SPAHIS. TIRAILLEURS. TABORS. GOUMIERS. HARKIS. MOKHEZNIS. Autant de termes qui désignent des SUPPLETIFS de l’armée ou de l’administration coloniale. Comme tels, tous ces mots seront connotés négativement ou positivement, selon le camp dans lequel se place le locuteur par rapport au processus de la colonisation et de ses avatars.

 

Boussad OUADI, Alger, avril 2017

 

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Rédigé par Boussad OUADI

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Publié le 3 Octobre 2017

Ce texte a été rédigé en réaction à une évocation de la saga familiale des 5 Jacques Pradel, famille de colons de la région de Mostaganem-Tiaret, contée par le dernier d’entre eux lors d’un voyage en Algérie organisé en avril 2017 par les associations anticolonialistes la 4ACG (Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre) et l’ANPNPA (Association Nationale des Pieds Noirs Progressistes et leurs Amis). A cette  hagiographie (biographie excessivement élogieuse) je voulais mettre en opposition celle de ma famille qui a subi les méfaits de ce même système colonial, le bonheur des uns faisant le malheur des autres.

A la demande de certains participants au voyage j’y ai adjoint cette Liste non exhaustive de termes inappropriés que continuent d’utiliser même les anticolonialistes français, souvent par ignorance de leur étymologie ou de leurs connotations racistes et suprématistes.

La famille Ouadi, connue sous le nom de « Ibahryène » (les gens de la mer), est installée depuis les années 1890 à Tizi-Rached, un village de moyenne montagne situé entre  Larba Nath Iraten, (ex Fort National) et la région portuaire d’Azzefoun (ex Port Gueydon).

Mais c’est à la suite de l’invasion coloniale de 1830 que nos aïeux ont été chassés de leurs terres de Tifezouine près d’Azzefoun, s’établissant successivement dans les villages de la forêt de Yakouren, puis d’Azzazga jusqu’à Tizi-Rached.   

Ces replis successifs des terres fertiles, de la côte vers les monts du Djurdjura, ont été imposés par la spoliation des terres ancestrales d’Ighil M’Hend, Tifezouine, Ath Chaffa, Azzefoun pour être attribuées aux colons français, suite aux exactions de l’Amiral Gueydon  nommé le 29 mars 1871 gouverneur général de l'Algérie après l’insurrection d’El Mokrani.

Gueydon avait mis en état de siège la plus grande partie des communes de Kabylie pour réprimer la révolte. Assimilant les Kabyles aux insurgés de la Commune, il avait donné comme consigne : « Agir comme à Paris ; on juge et on désarme ». En janvier 1872, il déclarait : « Il ne faut pas se le dissimuler : ce que veulent les politiciens, et avec eux la grande majorité des colons, c'est la souveraineté des élus de la population française et l'écrasement, j'ose dire le servage, de la population indigène ».

En 5 générations (à comparer avec celle des 5 Jacques Pradel, famille de colons de la région de Tiaret que nous a conté le dernier des Jacques Pradel) la lente descente de l’ascenseur social de ma famille durant l’occupation coloniale s’est ainsi effectuée :

  1. Dans l’Etat civil français le 1er inscrit de nos aïeux s’appelle Arezki n’ath Hammou, n’ath Ahmed, n’ath Youcef. Son mausolée à Ighil M’hend est vénéré comme un saint marabout jusqu’à ce jour. Sommé de collaborer avec l’administration coloniale il a préféré céder  ses terres et non pas son honneur.
  2. Il se retira dans la forêt de Yakouren au village Tigounatine où lui succéda mon arrière-grand-père, Arezki Amziane, n’ath Hammou, n’ath Ahmed n’ath Youcef qui vécut de 1850 à1920. Il y édifia une nouvelle medersa et défricha des terres qu’il fit fructifier au profit des nécessiteux de la région. Après les échecs des insurrections kabyles de 1857 et 1871, lorsque la colonisation s’imposa comme un fait accompli durable, nos ancêtres ont considéré qu’il devait apprendre la langue et la civilisation des occupants pour survivre. C’est ainsi que mon arrière grand-père se résolut à scolariser ses enfants dans la 1ére école communale française qui venait de s’installer dans la mosquée de Tizi Rached, à 30 km de là. Ladite mosquée porte encore le nom de Djamaa N’sara qui signifie mosquée des européens. Il finit par acquérir en 1894 un terrain au centre du village de Tizi Rached, y édifia une medersa, un mausolée et l’actuel cimetière de notre famille où il repose. 
  3. Il donna naissance à mon grand-père Dahmane, le 3ème de ses fils, à qui il confia le travail de la terre. Le 1er de ses fils, Arezki, fut cadi-interprète auxiliaire de justice dans plusieurs régions d’Algérie et le second Youcef, contraint à l’émigration, fut clerc de notaire à Jargeau, dans le Loiret entre 1920 et 1950. Il y a été enterré en 1958 et j’ai pu me recueillir sur sa tombe en 1999.
  4. Mon père Mokrane, orphelin à l’âge de 7 ans, en 1934, fut recueilli par son oncle  maternel, instituteur kabyle qui lui communiqua l’amour de la terre et un solide attachement à l’agriculture (sur les greffes d’arbres fruitiers et les techniques d’irrigation en montagne il était intarissable). Après une formation de menuisier-ébéniste il fut régisseur dans une chaine de salles de cinéma à Bab El Oued et Alger centre.
  5. Je fus élevé à Alger entre Staouéli et Bab El Oued, au milieu des pieds noirs, mais jamais éloigné de la Kabylie et de la mémoire de mes ancêtres dont la généalogie nous était sans cesse enseignée. Au plus profond de nos entrailles, l’Algérie ne fut jamais française et le cadastre de nos territoires était intimement mêlé au culte de nos saints. Ceci pour répondre à la monstruosité qui consiste à légitimer les spoliations de terre par « l’inexistence de cadastre en Algérie et la vacuité de terres qui n’avaient pas de propriétaires », comme vient de l’affirmer Jacques Pradel.

Car plus loin encore dans l’histoire, notre famille descend de la lignée maraboutique de Sidi Ahmed Ben Youcef, dont se réclament des régions aussi éloignées que la plaine du Chélif, les hauts plateaux de Mascara, le Touat-Gourara saharien ou le lointain Atlas marocain.

C’est en recherchant l’origine de notre patronyme OUADI que je pus reconstituer ce puzzle qui recouvre l’histoire de l’Algérie depuis la fin de la dernière dynastie berbère qui régna sur le Maghreb central : les Zyanides-Abdelwadide (1200-1515) jusqu’à  l’occupation Turque-Ottomane du début du 16ème siècle.

Notre ancêtre éponyme Sidi Ahmed Benyoucef, né vers 1460 fréquenta les universités de Tlemcen, Fès, Marrakech ou Béjaïa (Bougie). Ces universités étaient en lien permanent avec l’Egypte, la Syrie, la Sicile, Cordoue, Grenade, Venise ou Pise et des savants comme le mathématicien Léonardo Fibonnacci, le maître  de l’algèbre Al Kawarizmi, Ibn Rochd (Averroès), Maïonide,  El Idrissi ou bien Ibn Khaldoun y ont professé en leurs temps.

Par ailleurs, on ignore trop souvent que la Sicile fut une petite Andalousie sous les règnes successifs des Aghlabides musulmans et de la dynastie chrétienne des Comtes normands dont Roger de Sicile et l’empire germanique furent les héritiers. L’art siculo-normand comme l’art mudéjar d’Espagne sont nés du métissage des sciences et des savoir-faire qui ont circulé de Damas à Baghdad, au Caire, puis en Italie, en Espagne et en Afrique du Nord. Pendant 5 siècles, du 11ème au 16ème siècle, le monde berbère enfanta des civilisations florissantes (Almoravides, Almohades, Mérinides, Zyanides, Hafsides) qui influencèrent durablement le bassin méditerranéen. Quand on nous assène que l’Afrique n’est pas rentrée dans l’histoire, on plaint les ignorants !

Donc Sidi Ahmed Benyoucef servit successivement les couronnes rivales des Zyanides-Abdelwadide de Tlemcen et les Mérinides de Fès qui se disputaient alors le contrôle du marché caravanier d’Afrique : l’or, l’ivoire, les esclaves et celui d’Orient : la soie, les épices, la poudre à canon, vers l’Europe. Il connut les heures de gloire et des disgrâces carcérales de rois parfois éclairés mais le plus souvent despotiques. Et c’est ainsi qu’il choisit, au moment de la reconquista espagnole qui menaçait de prendre Alger, après Bèjaia et Jijel, de prêter main-forte aux turcs ottomans qui mirent fin au règne des Zyanides-Abdelwadide. C’est de Abdelwadide que dérive notre patronyme Ouadi ou Wadi, comme l’orthographient les anglais.

Sidi Ahmed Benyoucef erra ensuite d’Agadir à Adrar, d’Alger à Azzefoun-Bejaia, pour mourir à Miliana qui conserve son tombeau, visité par des maghrébins de tous horizons qui possèdent la mémoire longue des  peuple qui ont compté dans l’histoire de la Méditerranée.

Jusqu’à ce que la funeste invasion coloniale française, avec sa puissance technologique et son dynamisme scientifique, ne fige notre destin, cet ancêtre de 500 ans, dont un autre tombeau a été érigé à Azzefoun, a donné naissance à une lignée de maitres spirituels, à la suite vraisemblablement de la dynastie almoravide (qui signifie mourabitoune, pluriel de marabout) qui fondèrent Marrakech et régnèrent sur Cordoue, Alger et Bejaia.

Dans un territoire qui couvre les régions côtières d’Azzefoun jusqu’à la forêt de Yakouren et sur les contreforts du Djurdjura, nous conservons trace de cette généalogie qui déclina progressivement jusqu’à la génération actuelle, celle de mes enfants, qui n’ont pratiquement plus de terres et de biens en Kabylie, et sont éparpillés dans l’émigration sur 3  continents, mais continuent d’honorer la mémoire des ancêtres dans des tombeaux-mausolées pieusement conservés par les populations kabyles.

J’ai rapidement résumé cette saga familiale pour la comparer à celle de la famille Pradel de Tiaret, qui en 5 générations,  depuis le 1er Jacques Pradel qui a quitté le Tarn au 19ème siècle pauvre comme Job, a constitué un domaine de plusieurs milliers d’hectares en 1962 et que l’indépendance de l’Algérie restitua aux autochtones, fort heureusement.

On a vu comment la mienne, spoliée progressivement de ses biens, a conservé un riche patrimoine culturel et spirituel, qui lui a permis d’éviter le déclassement et la paupérisation totale. Ce fut possible en Kabylie ou dans les Aurès, terres montagneuses et peu fertiles, mais pas dans les riches plaines de l’Oranie, du Chelif, de la Mitidja ou du Constantinois, où des tribus entières ont été anéanties et les rares rescapés cantonnés dans les bidonvilles et les quartiers nègres des villes européennes de colonisation.

Le « choc thermique » de ce double mouvement :

  • ascendance fulgurante des colons d’une part,
  • régression brutale vers le plus bas de l’échelle sociale pour les indigènes, jusqu’à en faire des sujets corvéables à merci du fait du code de l’indigénat 

produisit un processus le libération aussi violent que furent « la conquête et le viol de l’Algérie ».

Nous voilà aujourd’hui les produits métissés de cette histoire. Les uns, (français et algériens) ont secoué le joug du passé. Ils regardent sereinement vers l’avenir, sans cesser d’interroger l’Histoire. D’autres, enclins à la nostalgie, sont plus soucieux de redorer le blason des colons, des bachaghas, des harkis, de tous ceux que le tourbillon de l’Histoire a emportés. Démarche vaine et contreproductive dont nous devons convaincre leurs tenants que  cette voie est sans issue.

Pour conclure je vous livre cette pensée de Mouloud Mammeri :  

« Le nombre de jours qu'il me reste à vivre, Dieu seul les sait.  Mais, quel que soit le point de la course où le terme m'atteindra, je partirai avec la certitude chevillée que, quels que soient les obstacles que l'histoire lui apportera, c'est dans le sens de sa libération que mon peuple (et à travers lui les autres) ira.  L'ignorance, les préjugés, l'inculture peuvent un instant entraver ce libre mouvement, mais il est sûr que le jour inévitablement viendra où l'on distinguera la vérité de ses faux-semblants. Tout le reste est littérature."  In « Entretien  Tahar Djaout - Mouloud Mammeri, La Cité du soleil. » Laphomic, Alger, 1988

Et celle d’Albert CAMUS dans « Noces, l’été » ...

« En ce qui concerne l’Algérie, j’ai toujours peur d’appuyer sur cette corde intérieure qui lui correspond en moi et dont je connais le chant aveugle et grave. Mais je puis bien dire au moins qu’elle est ma vraie patrie et qu’en n’importe quel lieu du monde je reconnais ses fils et mes frères à ce rire d’amitié qui me prend devant eux. Sentir des liens avec une terre, son amour pour quelques hommes, savoir qu’il est toujours un lieu où le cœur trouvera son accord, voici déjà beaucoup de certitudes pour une seule vie d’homme. »

Boussad OUADI, éditeur, résidant à Alger, avril 2017

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Rédigé par Boussad OUADI

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