NI INTEGRISME NI DICTATURE MILITAIRE
Publié le 1 Mai 2019
Abassi, Nezzar, Rebrab, drapeaux, corruption, complots, séparatisme, TV poubelles…
Décidemment ils ne nous épargneront rien !
Tous les démons de nos divisions antérieures, savamment entretenues par le DRS, auront été utilisés depuis le 22 février.
Et pourtant chaque « vendredire, nous leur dire » la même chose :
L’Algérie doit changer de face,
C'est l'éruption de la fin.
Du passé faisons table rase,
Foule esclave, debout ! Debout !
Le monde va changer de base :
Nous ne sommes rien, soyons tout !
Ces paroles de l’internationale ont été composées par Eugène Pottier en 1871 lors de la répression de la Commune de Paris. Pour mémoire, car l’histoire ne fait jamais les choses par hasard, en 1871 la révolte d’El Mokrani, a mené les résistants au bagne de Nouvelle Calédonie. Ils y ont retrouvé Louise Michel, victime des mêmes bourreaux. Avec elle ils ont dû entonner souvent ce chant devenu le cri de libération des opprimés de tous les pays. En 1904, Louise Michel est venue à Alger, retrouver ses amis bagnards auxquels elle avait fait la promesse de fêter ensemble leur libération. Elle décédera à son retour à Marseille, au pied de la gare St Charles, dans un hôtel qui a gravé une plaque en mémoire, toujours visible.
Ignares en histoire, les dirigeants actuels du système moribond sont aveugles, sourds et muets. Ils ont le nez écrasé sur leur feuille de route illisible. Ils ignorent combien la vague actuelle vient de loin, des profondeurs de notre histoire multi-séculaire.
Depuis toujours (comme tous les peuples du reste, sans forfanterie aucune), notre peuple n’a cessé de se révolter contre la tyrannie et l’oppression, pour le pain, la dignité et la liberté. Face à lui, les puissants ont tour à tour utilisé la menace ou la violence, la ruse ou la division. La résistance, la résilience, la détermination ont été ses armes principales, rarement la violence. Des résistances, des guérillas, des soulèvements, des colères dévastatrices ont secoué de longs siècles de résistance passive. Durant le lutte de libération nationale en 1954-62, les rares combattants armés des maquis n’auraient rien pu faire sans le sacrifice dans les campagnes et dans les villes, des femmes et des hommes sans armes, mais soudés et déterminés à revendiquer leurs droits à la liberté et l’indépendance. De ce point de vue, le slogan « Un seul héros, le peuple » en 1962 signifiait aux chefs qui s’entredéchiraient pour la prise du pouvoir, que la légitimité appartenait au peuple souverain. Souveraineté aussitôt confisquée par ceux-là mêmes qui avaient fui les maquis pour se réfugier à l’extérieur et réaliser à leur retour le 1er putsch de l’histoire moderne du pays.
Depuis l’indépendance, militaires ou civils, les cadres les plus méritants ont été barrés par de « pseudo-notables-de-la-famille-révolutionnaire » dont l’authenticité a souvent été mise en doute, inaugurant le long règne de l’imposture, la corruption et l’incompétence.
Ces derniers jours d’avril 2019, Abassi Madani et Khaled Nezzar sont revenus aux 1ers plans, l’un pour avoir cassé sa pipe et l’autre pour dénonciation tardive de « la 3issaba des Bouteflika » dont il s’est accommodé 20 ans durant. Certes, il a vaguement maugréé en 1999 en qualifiant Bouteflika de « canasson, même si c’est le moins mauvais », mais il l’a bien soutenu sur insistance de ce diable de général Larbi Belkheir, véritable Machiavel du régime des années 1980 à 2005. Revenu à la vie civile, M. Nezzar a fait prospérer un business dont les chiffres d’affaires affolants sont bien peu compatibles avec une honnête et confortable pension de retraité de l’armée. (voir le site Mondafrique, antenne du SDECE selon lui !?)
Nezzar-Abassi depuis 1988 sont à la source des malheurs du pays, ce que peu d’Algériens ignorent. C’est pourquoi je m’en tiendrai à ces brefs rappels :
1. Octobre 1988, le vendredi 10, à 15h30 exactement, devant le siège de la DGSN un char de l’ANP et des soldats en faction ont tiré à coups de canon et balles réelles sur des manifestants venus de Kouba et Belcourt pour se joindre à ceux de Bab-El-Oued, à l’appel de ces 2 personnages de sinistre mémoire : Abassi Madani et Ali Belhadj. La provocation est venue de ces deux-là, mais l’ordre de tirer est venu du commandement de l’ANP, à la tête de laquelle se trouvait Khaled Nezzar. Depuis ce jour le slogan khawa-khawa est pur mensonge car une armée n’est plus « populaire » lorsqu’elle tire sur son peuple ! Durant mon service national à la frontière algéro-marocaine, à la mort de Boumediène, nous étions hantés par la crainte de devoir tirer sur nos compatriotes ! Car nous voyions bien qu’ils avaient le doigt sur la gâchette, tous ces colonels qui se bousculaient pour hériter du pouvoir.
L’antagonisme ANP/Islamisme politique a été personnifié par cet affrontement Nezzar contre Madani-Belhadj provoquant la mort de 250 à 500 jeunes en octobre 1988, selon les estimations macabres des uns et des autres. Un piège mortel se refermait sur toute une génération sommée de choisir entre la peste et le choléra. Entre la Dawla Islamya sanguinaire et aveugle née du wahabisme et des réseaux de la CIA d’un côté et de l’autre le système militaro-policier illégitime. Entre les deux, le peuple, dans sa majorité silencieuse, devenait une masse de manœuvre tétanisée par la violence, sommée de se soumettre à l’un ou l’autre des deux camps. Ce traumatisme continue de paralyser la vie politique, faisant craindre à tout moment le retour du cauchemar.
2. Plus tard, à l’automne 1991, des islamistes armés proches du mouvement extrémiste Takfir wal Hijra massacrèrent une unité de l’ANP à Guemar, près d’El Oued. En décembre 1991 le FIS emporta la majorité des sièges de députés au 1er tour des élections législatives, le 2ème tour fut annulé et Chadli déposa sa démission. Le général Nezzar, chef de l’armée conduisit la transition improvisée à la hâte avec la création d’un HCE supposé être dirigé par Mohamed Boudiaf, l’un des chefs historiques du FLN/ALN de 1954. L’assassinat de Boudiaf à Annaba, par un soldat d’élite de l’ANP, filmé en direct à la télé, en l’absence de tous les responsables militaires qui l’ont fait revenir en Algérie, restera une autre tâche noire dans l’histoire de notre armée. Un certain nombre d’officiers se rendirent aux groupes islamistes armés ou s’exilèrent à l’étranger par opposition aux généraux dit « janvieristes ». L’affrontement fut sans merci entre groupes barbares islamistes, MIA, GIA, AIS, GSPC, AQMI et l’ANP épaulée par les groupes d’autodéfense, de patriotes et anciens moudjahidine tenus de reprendre les armes pour défendre des populations civiles désemparées. Dans la société civile se dressèrent deux camps : les pseudo-éradicateurs, qui étaient eux-mêmes éradiqués par des groupes armés opaques qui n’ont jamais été démasqués et encore moins jugés à ce jour, et les dialoguistes-réconciliateurs, avocats et défenseurs de droits humains, souvent conduits à défendre l’indéfendable : le crime et la violence d’un islamisme aveugle étranger à notre histoire dont les dernières guerres de religions remontaient aux Almohades (XIIème siècle) et plus loin encore au schisme fatimide (10ème s.). Autre trauma de la décennie noire, cet antagonisme stérile entre éradicateurs et dialoguistes, adossés chacun à un camp que la suite des évènements a totalement discrédité. Le régime policier/autocratique a conduit à Bouteflika, les oligarques, la corruption et le bâillonnement de la population. L’islamisme politique du FIS, d’El-Quaïda ou Daech sont porteurs de dévastation et de malheur à travers la planète entière.
« Ni intégrisme, ni Etat policier », disait Aït Ahmed. Mais le FFS aura vite fait de mettre ce mot d’ordre génial au placard.
3. En 1998-99 des négociations secrètes, dont la teneur n’a pas été révélée à ce jour, ont abouti à des redditions de groupes armés islamistes en contrepartie d’on ne sait quelles arrangements. Aucun responsable militaire ou politique n’a eu assez de considération pour son peuple pour lui donner des explications. Bouteflika avait cependant déclaré à la presse internationale qu’il avait donné « une couverture politique » à ce cessez-le feu militaire entre ANP et groupes islamistes. Et c’est ainsi que Fakhamatouhou a daigné accepter la toge d’empereur d’opérette à la tête d’un pays traumatisé et trahi par l’islamisme politique et la mafia politico-financière qu’avait dénoncée feu-Mohamed Boudiaf. Khaled Nezzar, devenu civil, à l’instar de nombre de généraux contribuera à fournir les rangs de cette 3issaba qui, sous la couverture de l’ANP, de Bouteflika et de la « pseudo-famille-révolutionnaire » donnera naissance à une faune d’affairistes, barons de l’import-import, experts en transformation de la rente pétrolière en pompes à finance pour leurs intérêts privés via des banques publiques et privées domestiquées, des ministres, walis, juges et fonctionnaires dociles et corrompus.
En somme 1988-2019, trente ans de notre histoire nous enseignent que l’intégrisme islamique et l’Etat policier sont les deux plus grands poisons qui ont failli emporter le pays. Nous avons échappé au syndrome Irak-Syrie-Libye et à la dictature Sissi égyptienne, par la grâce d’une génération qui a inventé Silmya, de laquelle peut naitre l’Algérie de demain. Tous nos conflits, tous nos différents sont solubles dans Silmya.
- Préservation de l’intégrité territoriale, chèrement acquise par le sang versé contre le colonialisme
- Sauvegarde de notre culture, de nos langues, nos symboles dans leur diversité et leur harmonie
- Droit à la liberté et au pluralisme dans une république de citoyens et non pas de sujets d’une mythique « mamlaka ou dawla islamya khayana » qui abolit le drapeau national, la culture nationale, l’intégrité nationale, l’Algérie éternelle. 20 millions d’Algériens chaque semaine vibrent aux couleurs nationales et amazighs dans la fraternité et la solidarité retrouvées.
Aux jeunes générations il nous faut rappeler sans cesse :
Dawla islamyya Khayana, c’est la trahison du drapeau national, des martyrs de Didouche, Hassiba, Abane, Ali la Pointe. Les jeunes doivent être fiers de l’islam de leurs parents. Le wahabisme des émirs d’Arabie est le valet des américains et du sionisme international qui veulent régenter le monde.
Le droit à la liberté est synonyme de respect de toutes les opinions, celles des majorités comme celles des minorités. Tous ces principes sont inscrits en lettres d’or dans la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen adoptée par l’ONU le 10 décembre 1948 et ratifiée par l’Algérie lors de son accession à l’indépendance en 1962. C’est pour cela que sont morts ceux qui ont arraché notre drapeau national. C’est ce ciment qui interdit à toute dictature, religieuse ou militaire de bâillonner à nouveau le pays.
C’est pourquoi il nous appartient de briser définitivement ce miroir à deux faces : intégrisme et dictature militaro-policière, à la poubelle de notre histoire.
Tous nos rêves actuels ne seraient pas possibles sans le génie créateur de nos jeunes compatriotes, les plus fins politiciens du monde. Ils en administrent la preuve chaque semaine pacifiquement.
En voici l’illustration par ce chant de stades « La casa d’el mouradia », l’analyse politique la plus fine qu’aucun journaliste, ni prof d’université n’a pu produire avant eux.
GLOIRE A NOS JEUNES. SILMYA
Le premier mandat, disons qu’il est passé
Ils nous ont eus avec la décennie noire
Au deuxième c’était clair,
La Casa d’El Mouradia !
Au troisième, le pays s’est appauvri
du fait des intérêts privés
Au quatrième, la poupée est morte
et l’affaire toujours en cours…
Le cinquième va suivre
Entre eux l’affaire est faite
Et le passé archivé
La voix de la liberté…
فالأولى نقولو جازت، حشاوهانلا بالعشرية
La Casa Del Mouradia فالثانية الحكاية بانت
فالثالثة البلاد شيانت مالمصالح الشخصية
فالرابعة البوبية ماتت و مازالت القضية
و الخامسة راي تسويفي بيناتهم راي مبنية
و الباسي راو أرشيفي ب لا فوا تاع الحرية
https://www.youtube.com/watch?v=3oD8h4JqzO0

