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Publié le 3 Octobre 2017

J'ai publié ce texte en avril 2008. Sans écho ni succès bien sûr...Que de régressions depuis ! Les lois de 2012 et 2013 sur les associations, les partis et la culture  (loi sur le livre notamment...) ont permis au pouvoir liberticide de corrompre les pseudo intellectuels et contestataires qui ne peuvent s'en rendre qu'à eux-mêmes aujourd'hui... 

Ah ya mermor comme dit un de mes amis...

Un manifeste
Un salon
Un prix littéraire
C’est bien !
Mais pour réaliser ces projets, il faudra abattre les barrières suivantes :
•    Le droit de réunion renié
•    La liberté d’association bafouée

Ces droits constitutionnels qui sont aussi les fondements de la déclaration universelle des droits de l’homme sont niés par le ministre de l’intérieur en Algérie. 
Les associations légalement constituées, pour certaines depuis plus de 20 ans, reconnues par décret du même ministère se voient refuser toutes activités légales. 
Voici comment.
A chaque renouvellement de  leurs instances, elles sont tenues par la loi d’en faire la déclaration, au ministre l’intérieur pour les associations nationales et au wali pour les associations de wilaya.
Le ministère reçoit tous les documents comportant les informations concernant les participants (noms, qualité, signatures), les objectifs et programmes, la trésorerie, bref toutes les infos susceptibles de compléter les fichiers de tous les services de police. Mais il refuse d’en accuser réception et ainsi officiellement, l’équipe dirigeante de l’association devient illégale aux yeux de toutes les institutions. Les comptes bancaires ou CCP sont gelés, les courriers et demandes officielles de réunion, de subvention, de toute manifestation publique sont rejetés du fait de « l’illégalité » des structures de l’association pourtant démocratiquement  élue, conformément à toutes les règles indiquées par la loi.

De fait c’est le Ministère de l’intérieur qui enfreint la loi et commet un acte arbitraire en refusant de reconnaître les associations. Celles-ci ne demandent qu’à agir légalement pour le bien public et la satisfaction des besoins sociaux et culturels de la population.
Il faut faire respecter la loi par M. Le Ministre de l’intérieur. 
Il devrait être interdit d’interdire les associations dans ce pays. 
Les associations sont le vivier de la démocratie dans  toute société moderne. 

C’est de cet interdit que découle :
1.    L’interdiction de manifester
2.    L’interdiction de se réunir
3.    L’interdiction de publier
4.    L’interdiction de parler
5.    L’interdiction d’ester en justice

Les actions à mener sont simples :
•    Réunir un collectif d’associations victimes de cet arbitraire
•    Constituer un collectif d’avocats qui introduirait une action en justice contre le gouvernement qui viole les droits constitutionnels de ses citoyens.
•    Mener une campagne internationale de soutien à ce mouvement et menacer de recourir aux juridictions internationales de Genève et de La Haye. 
Initiée par des écrivains, des journalistes, des avocats, des citoyens de bonne volonté, une telle action ne peut que fédérer, mobiliser, ouvrir une petite fenêtre d’espoir à notre société qui se meurt du carcan des interdits, de la corruption et de la démission civique. 

A mon avis, c’est ça le rôle des intellectuels. La révolution est une autre paire de manche. Bien qu’il ne soit jamais interdit de rêver et que ce sont les utopies qui ont toujours fait le bonheur des hommes et des femmes.
Avril 2008, Boussad OUADI

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Rédigé par Boussad OUADI

Publié dans #EDITER EN ALGERIE

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Publié le 3 Octobre 2017

L’avouerai-je ? Je n’ai pas sursauté à la mauvaise nouvelle. Boussad Ouadi s’en va et La librairie des Beaux-arts ferme ses portes. Non, je n’ai pas sursauté. J’ai toujours associé Boussad Ouadi à une porte fermée. Etrange. Etrange ? Je ne sais pas. Je revois les photos. Celle-là d’abord. Boussad au Salon du livre d’Alger. Devant son stand sauvagement scellé avec des planches et des clous. Il venait d’exposer  Les geôles d’Alger,  mon livre que personne ne voulait éditer. Lui, avait osé. Il reçut mon manuscrit alors qu’il veillait son père mourant, son père, le vôtre, le mien, un homme qui s’était saigné pour instruire ses neuf enfants et dont le seul luxe, le luxe maudit, était cette cigarette qui allait l’emporter. Boussad en parlait avec dévotion. « Il m’a laissé deux ou trois clés pour la vie. » Il lut donc le récit de mes deux années à la prison d’El-Harrach, le récit de nos calvaires présents, alors qu’il veillait ce père agonisant, son père, le vôtre, personnage de nos calvaires anciens, orphelin dès la petite enfance, fils unique sauvé de la misère par un oncle instituteur, devenu ouvrier ébéniste, puis technicien en tout genre chez un riche juif algérois qui possédait les cinémas d’Alger. Le Plaza et le Marignan de Bab El Oued, le Colisée et le Versailles. Encore des portes fermées. Boussad lut ce récit, comme il le dit lui-même, en des moments dérobés à l’atmosphère de deuil et de tristesse et me répondit tard dans la nuit. « J’ai trouvé beaucoup de réconfort dans la lecture de ton texte. Mon père  était un homme de bien, qui m’a beaucoup appris et je ne savais comment le remercier. Je crois que ton texte me permettra de le faire, car il résume, au fond tout ce que je sais de la vie : faire son devoir, vis-à-vis de sa conscience d’abord et des valeurs morales qu’on place au dessus de tout, même au péril de la vie. Que vaut une vie hors la dignité et le respect de soi ; être solidaire des autres,  des plus faibles, être de son temps, en harmonie avec la nature, la société et ses mœurs, dans la mesure, la générosité et l’effort. Ton témoignage m’a beaucoup ému et je serai honoré de le publier, quoi qu’il en coûte. »

C’est ainsi qu’est né un livre. Tard dans la nuit. D’une solitude. Tard dans la nuit, la nuit, ses portes sombres qui verrouillent les vieux tunnels noirs de nos pères,  les portes sacrées des ténèbres, les portes du mensonge, de l'hypocrisie, de l'ignorance, de l'aliénation et de la servitude. Boussad s’était retrouvé seul, avec les clés de son père, devant ces portes massives, seul, de cette solitude qui accompagne, dans mon pays, les fous, les femmes et les traqueurs de lumière. Ils sont, comme ça, quelques-uns dans ce territoire pourtant dominé par l’éclat de la verroterie, ils sont une poignée d’hommes et de femmes, de femmes surtout, à rêver du même voyage, de père en fils, depuis des siècles, à la recherche d’une lumière improbable.  C’est l’idée de la lumière qui leur est indispensable. Ils sont comme les oiseaux de Farid al din Attar, ils sont partis un jour à la recherche duSimorg l’oiseau mythique, l’oiseau fabulé, si beau que nul ne peut le regarder. Pour voir le Simorg, ils traversent le temps avec des élans fous, ainsi que les oiseaux rassemblés par la huppe, avec des élans fous mais aussi avec des reculs épouvantés, dans les paysages redoutables et intimes de l’humanité. Ils savent que nombre d’entre eux disparaitront, comme les oiseaux de Farid al din Attar, submergés par les océans, dévorés par la soif, anéantis par le soleil ou les bêtes sauvages, certains s’entre-tuant tandis que d’autres abandonneront la route. Ils savent tout cela, mais ils préfèrent ce risque millénaire à l’insoutenable indifférence à la lumière.

Ils sont une poignée qui rêvent du même voyage, de père en fils. Ils n’ont jamais oublié le visage du père, nos hameaux nus, nos cordillères éternelles et ces contrées perdues où bat le cœur de la nation. Ce sont les descendants de cette race impérissable de gens humbles de ma terre, ces hommes aux visages brûlés par les épreuves, ces femmes au regard résolu et dans lequel Dieu avait déposé l’expression d’un demi-siècle d’abandon et de ténacité, ces gens que j’avais trouvés devant la porte de la prison, ce 14 juin 2006. … 

A quoi pensait donc Boussad sur cette photo, au Salon du livre d’Alger, devant son stand sauvagement scellé avec des planches et des clous ? Nous étions le 31 octobre 2007. Bouteflika venait de donner le coup d’envoi du 12e Salon du livre d’Alger. Les geôles d’Alger est exposé à côté de La Dignité humaine d’Ali Yahia Abdenour. Le chef de l’État avait à peine quitté l’enceinte de la Foire que les cerbères avaient déboulé sur le stand des éditions INAS, tel un commando de la Gestapo,  éventrent les cartons à la recherche du livre Les geôles d’Alger,ordonnent de retirer les affiches montrant l’ouvrage, enjoignent au personnel de quitter les lieux puis, comme dans un mauvais sketch, osent le geste carnavalesque : ils murent le stand à l’aide de grandes planches ! C’étaient les cerbères d’un régime qui a peur d'un livre, c'est-à-dire d'une déraisonnable petite lumière qui viendrait à s'aventurer dans les opacités du pouvoir. Et laisser des traces. Ah, les traces ! Que peut un gouvernement contre une poignée de traqueurs qui rêvent, de père en fils, depuis des siècles d’ouvrir ces portes par l'arme de la démesure, la littérature, le livre, les mots ? Ecrire. Écrire pour moi, pour ma terre, pour porter la sagesse, l’histoire et la mémoire de mille douleurs, de mille histoires, de mille combats, de mille rêves. Écrire pour laisser des traces, autres que les traces du désert de l’homme, autres que les traces de nos égarements, laisser de nos traces une sagesse ressuscitée, peut-être un patrimoine et, qui sait, une mémoire ! Peut-être Naguib Mahfouz avait-il raison : « L’écriture est maîtresse : elle agit sur la culture et sur les civilisations. »   

A quoi pensait Boussad devant cette porte fermée ? Et devant celle-là, Boussad devant le siège du journal Le Matin. Encore une porte fermée. Conférence de presse. La veille, les vigiles avaient proposé un marché : rouvrir le stand sans  «le livre de Benchicou». Boussad avait refusé. Les journalistes étaient obsédés par une question : pourquoi se battre pour un livre dans une guerre inégale ? « Pour l’avenir, avait répondu Boussad. Si on se tait, c’est  le quitus à la République bananière. » Quelqu’un avait demandé : « Qu’allez-vous faire ? » Boussad avait répondu : « Jeter le livre au milieu du peuple ». Au  milieu de tant d’arrogance, il avait pris une décision qui ne lui ressemblait pas, celle d’organiser, partout, des rencontres avec le public, à commencer par sa librairie du centre d’Alger. « Vous ne risquez rien ? »

Rien qui ne soit plus irrémédiable que le silence.

Les traqueurs du Simorg savent que nombre d’entre eux disparaitront, mais ils préfèrent ce risque millénaire à l’insoutenable indifférence à la lumière.

L’histoire de ces vigiles des ténèbres  qui décrétèrent blasphème tout réverbère sur ce peuple dépossédé de tout, s’était terminée, ce jour-là, par une fronde du peuple dépossédé.   Oui, tout cela s’était terminé par cette autre photo qui donnait raison aux fous et aux rêveurs. J’allais l’oublier celle-là, cette photo d’une foule fière et bigarrée, attendant devant la porte encore fermée de la librairie, sous le regard confus des policiers armés de solides talkies-walkies et chargés de l’impossible mission de museler un livre. Ils étaient là, mères de famille qui revenaient du marché, vieux lecteurs du journal, étudiants aux cheveux gominés, belles jeunes filles au regard de feu, des chômeurs, beaucoup de chômeurs, des cadres, des provinciaux venus pour la circonstance…. Ils étaient là, à s’impatienter, sous les yeux résignés des flics, décidés à empêcher la censure d’un livre édité pour eux. Une fois de plus, ils avaient surgi du fond de leur solitude, pour tendre leur main coriace où se lisait l’espérance de la terre dans ses lignes et ses rides. A Boussad, il me semblait les entendre lui dire ces simples mots : «  On ne s’est jamais vus, mais il y a longtemps qu’on se connaît, mon frère. »  Boussad avait ouvert la porte et la séance avait duré cinq heures : jusqu’à épuisement du stock ! Devant une masse si inflexible d’hommes et de femmes décidés à aller à la rencontre d’un livre, les policiers avaient rebroussé chemin et Les geôles d’Alger, interdit au Salon d’Alger, vint au monde.

 Alors oui, j’ai toujours associé Boussad Ouadi à une porte fermée  et je verrai toujours devant la librairie des Beaux-arts planer une ombre, l’ombre du père, l’ombre des mères de famille qui revenaient du marché et celle des étudiants aux cheveux gominés, l’ombre des belles jeunes filles au regard de feu et des chômeurs résolus ; je verrai tous ces regards et je me souviendrai de Boussad, alors, comme le poète afghan, de  tant de visages brûlés par le soleil, de tant d’hommes désespérés qui rentrent avec une brassée de faim, de quelque chose qui ressemble aux pleurs, de quelque chose qui ressemble au sang, de quelque chose qui ressemble à Alger, je me souviendrai que je dois écrire.

Texte publié initialement par Le soir d'Algérie en 2008

Aujourd’hui le 29/09/2017, dix ans après le décès de mon père, merci Mohamed Benchicou.

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Rédigé par Boussad OUADI

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Publié le 3 Décembre 2014

L'EXPOSITION LIRE EN MEDITERRANEE A MARSEILLE s'intéresse à l'édition d'expression française aujourd'hui en Algérie. Elle a lieu à la Bibliothèque départementale 20 rue Mirès 13003 - MARSEILLE

Le catalogue suivant des publications INAS Editions sera présenté à cette manifestation.

Des débats et tables rondes seront organisées avec des libraires, éditeurs et auteurs algériens. Cf le lien suivant : http://www.biblio13.fr/biblio13/CG13

EXPOSITION LIRE EN MEDITERRANEE MARSEILLE
EXPOSITION LIRE EN MEDITERRANEE MARSEILLE
EXPOSITION LIRE EN MEDITERRANEE MARSEILLE
EXPOSITION LIRE EN MEDITERRANEE MARSEILLE
EXPOSITION LIRE EN MEDITERRANEE MARSEILLE
EXPOSITION LIRE EN MEDITERRANEE MARSEILLE
EXPOSITION LIRE EN MEDITERRANEE MARSEILLE

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Rédigé par Boussad OUADI

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Publié le 8 Décembre 2013

Smaïl HADJ-ALI nous rappelle malicieusement, et fort à propos, ce merveilleux poème  de 1947 :

 

Nazim Hikmet – La plus étrange des créatures

Comme le scorpion, mon frère,

Tu es comme le scorpion
Dans une nuit d’épouvante.
Comme le moineau, mon frère,
Tu es comme le moineau,
Dans ses menues inquiétudes.
Comme la moule, mon frère,
Tu es comme la moule
Enfermée et tranquille.
Tu es terrifiant, mon frère,
Comme la bouche d’un volcan éteint.
Et tu n’es pas, hélas,
Tu n’es pas cinq,
Tu es des millions.
Tu es comme le mouton, mon frère,
Quand le bourreau habillé de ta peau
Quand l’équarisseur lève son bâton
Tu te hâtes de rentrer dans le troupeau
Et tu vas à l’abattoir en courant, presque fier.
Tu es la plus étrange des créatures, en somme,
Plus drôle que le poisson
Qui vit dans la mer sans savoir la mer.
Et s’il y a tant de misère sur terre
C’est grâce à toi, mon frère,
Si nous sommes affamés, épuisés,
Si nous sommes écorchés jusqu’au sang,
Pressés comme la grappe pour donner notre vin,
Irai-je jusqu’à dire que c’est de ta faute, non,
Mais tu y es pour beaucoup, mon frère.

***

Nazim Hikmet (1901-1963)


* Relire C'est un dur métier que l'exil, de Nazim Hikmet,  poète" heureux à toutes brides"..

* Yves MONTAND a mis en musique et magistralement interpreté ce poème (Youtube

http://youtu.be/s0JtuxiuOL0=)

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Rédigé par Boussad OUADI

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Publié le 8 Décembre 2013

 

Un article signé A. Guerfi, publié par El Watan, Arts et Lettres du 30/11/2013, analysant les aspects économiques du projet de loi surle livre est pompeusement titré : « Bouffée d’oxygène »

Cf: lien http://www.elwatan.com/hebdo/arts-et-lettres/bouffee-d-oxygene-30-11-2013-236897_159.php

Il faut se féliciter qu’on évoque ce projet de loi sur le livre, en voie d’être adopté au parlement sans coup férir et dans l’indifférence générale.

Néanmoins la présente contribution vient en contrepoint des défenseurs zélés du ministère de la culture, qui par souci de manifester leur reconnaissance du ventre, induisent en erreur ceux dont ils sont les conseillers. Ils en arrivent à s’aveugler eux-mêmes en observant les phénomènes par le mauvais bout de la lorgnette. Les conseilleurs ne sont pas payeurs mais les flagorneurs vivent toujours aux dépens de ceux qui les écoutent.

L’article en question se présente comme une analyse économique du projet de loi. On attendait des données statistiques irréfutables sur les flux de produits et de capitaux, les circuits de négoce du livre, les pratiques de lecture, voire une sociologie du lectorat. On espérait découvrir les processus de création des œuvres littéraires et scientifiques et des données sur les conditions socioéconomiques des travailleurs de la chaine du livre. On ne pouvait faire l’économie d’une présentation des échanges internationaux et de notre état de dépendance lamentable à l’égard du Moyen-Orient et de la France. On aurait aimé quelques dissertations sur le marketing, le management, le design, la situation des arts graphiques, celles des auteurs et écrivains. Rien de tout cela ou presque…

Les pâles arguments de M. Guerfi ne sont guère « économiques ». Ils sont une défense et illustration plate et sans relief de deux textes de projet de loi : l’un algérien et l’autre français !

Paraphrasant certains articles du projet de loi gouvernemental, l’auteur brosse un paysage idyllique dans lequel : « le livre sera un produit stratégique de communication, d’éducation, de culture et de savoir…, une composante essentielle du secteur des industries culturelles, un produit spécifique qui peut contribuer de façon déterminante à l’effort de développement du pays et à l’épanouissement de la société ». Rien que cela, le paradis du livre sur la terre d’Algérie.

Mais il oublie de mentionner les multiples interdits, obligations, visas et menaces brandies par ce projet de loi qui met sous étroite surveillance et un contrôle étatique tatillon, toute voix discordante de l’orchestre de la culture officielle « sous l’égide » du grand maitre, Fakhamatouhou !  Pour les intéressés, toutes les dispositions liberticides de cette loi sont analysées sur le site : http://boussad.over-blog.org/

Au chapitre des intentions, M. Guerfi copie exagérément et souvent mot à mot Mrs Lang, Gaymard et Monory, ministres français de la culture ou du commerce, auteurs des différentes versions de la loi sur le livre à l’Assemblée nationale française. Voir le site : http://www.assemblee-nationale.fr/14/rapports/r1385.asp.

Le plagiaire procède en seconde main puisque ce projet de loi algérien est un avorton de la loi française sur le prix unique du livre, dite Loi Lang n°81-766 du 10/08/1981,disponible sur le même site de l’Assemblée nationale française. Comme le sont le « Centre national du livre » et nombre d’autres institutions algériennes « copiées et collées » sur une situation socioéconomique si différente de celle de la France.

Il n’y aurait pas eu de honte à s’inspirer de législations étrangères si au moins on faisait l’effort de coller à la réalité de notre société et aux besoins de nos citoyens.

C’est ce dont se dispense l’auteur-laudateur lorsqu’il affirme de façon péremptoire :

·        Absence de véritable lectorat dans la population de moins de 40 ans, ou bien la population estudiantine n’a jamais lu un livre. Quelles études de marché, quelles enquêtes de terrain ont corroboré de telles sentences ? Outre la culpabilisation irresponsable et injuste des jeunes et le mépris qu’il dénote pour le public, ce jugement est l’aveu d’échec d’un système scolaire et culturel en vigueur depuis 50 ans et qui veut se perpétuer par ce type de loi. N’est-il pas temps plutôt, d’en tirer toutes les conséquences ? 

·        La labellisation des librairies doit répondre à de multiples critères comme en Pologne et au Canada. Cette tartarinade me rappelle le complexe graphique de Réghaia que des apparatchiks de l’époque avaient dimensionné en fonction de la consommation de livres de l’Espagne des années 1970, que nous devions rejoindre à l’horizon des années 2000 ! Aujourd’hui la langue espagnole est en passe de disputer le leadership à l’anglais, sans parler de la langue française dont elle s’est approprié les plus beaux fleurons de l’édition.  Les dictionnaires Le Robert, les Editions Nathan, Bordas, Belfond, sont devenus des marques du grand éditeur espagnol Planeta. Allez comparer cela à l’ENAG de 2013 !

·        Le monopole de l’édition et de la distribution du livre scolaire reste acquis à l’éducation nationale… mais le réseau des librairies connaitrait une bouffée d’oxygène !? Comment cela serait-il possible puisque 99% des 30 millions de livres de l’ONPS échappent à la vente en librairie. De plus vous souhaitez maintenir cette exclusion car vous êtes, vous-mêmes (Éditions Chihab), éditeur de livres scolaires que vous vendez directement aux écoles. Ce qui me fait dire que nous sommes revenus, dans le domaine de l’édition, au sinistre code de l’indigénat, car un minuscule 1ercollège d’éditeurs béni-oui-oui fait de l’édition scolaire et de l’édition institutionnelle au service des « festi-festivals », et la piétaille que nous sommes reste cantonnée à l’économie de la survie. Comment s’étonner dès lors que vous ne tarissiez pas d’éloges à l’égard de nos gouvernants auxquels vous inspirez des lois-plagiaires-liberticides-et-scélérates ?

·        L’obligation d’achat dans leur wilaya d’origine pour les institutions publiques va changer complétement les pratiques actuelles. Cette idée doit venir de Corée du Nord ou du Soudan, elle n’est pas imputable à M. Lang, assurément ! À quand le retour aux bons vieux bons Sonacome valables 10 ans et les quotas Galeries algériennes dont l’antenne de Tamanrasset croulait sous les stocks de cannes à pêche ?

·        Et que dire de vos lapalissades directement inspirées de ce site : http:/bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2007-02-0076-002 ? Ces librairies qui agrémenteront les artères de nos villes, y compris dans les régions éloignées…, le prix unique du livre…, les remises…, les festivals, salons et foires qui inciteront les libraires à rivaliser sur le terrain de la qualité etc,  etc

Bref, aucun plaidoyer pro domo, de quelque procureur qu’il soit, ne saurait remplacer les arguments basés sur des données statistiques quantitatives et qualitatives, une maitrise des aspects sociologiques et anthropologiques du lectorat, les lois générales de l’économie et des finances, la perception des intérêts nécessairement divergents ou contradictoires des couches sociales concernées par l’économie du livre. Ce qui signifie qu’il faudrait initier d’abord des enquêtes, des études de marché, des thèses, des débats idéologiques et politiques dans la transparence et la liberté totale pour chacune des catégories socioprofessionnelles concernées. Ce sont les efforts conjugués des institutions chargées de la statistique, des douanes, des finances, du commerce, de l’ONDA, de la culture et l’éducation, auxquelles doit s’associer la société civile à travers ses syndicats, ses associations, les centres de recherches et universités, qui permettront de mieux cerner les enjeux auxquels renvoie l’économie du livre. Chez nous on met la charrue avant les bœufs : on légifère d’abord et on étudie après.

Nos dirigeants opèrent souvent par intuition, par oukase, par ouï-dire et souvent par autoritarisme outrancier.  Dans le domaine de l’éducation et la culture, l’effet dévastateur de telles pratiques se répercute sur des générations et nous en savons quelque chose, 50 ans après l’indépendance. Il est temps de laisser place aux démarches rationnelles, à la concertation sage et réfléchie et aux décisions de bon sens dans l’intérêt général bien compris.

Si on veut réellement une approche économique des métiers du livre posons juste quelques questions et laissons les gens compétents nous donner des pistes et des solutions :

1.      Concernant la demande de lecture, dans toutes les couches de la population, de tous les âges et en tout point du territoire posons ces question : qui lit, quoi, où, combien et comment ?

2.      Les grands chantiers de l’édition sur lesquels les pouvoirs publics en premier, mais toute la communauté intellectuelle (des sciences, des lettres et des arts) devrait se pencher ont pour noms l’encyclopédisme à savoir l'accumulation systématique des connaissances dans diverses branches du savoir dans notre pays : notre géographie, notre faune et flore, nos us et coutumes à travers les âges, notre histoire, notre patrimoine, nos arts, nos langues maternelles… Quels dictionnaires, quelles encyclopédies recensent tout ce savoir ? C’est dans les dictionnaires libanais et français que nos enfants continuent de se construire intellectuellement, 50 ans après l’indépendance… C’est par les publications scientifiques, l’édition universitaire, d’art, histoire et patrimoine, par les traductions systématiques dans toutes nos langues maternelles, tamazight et arabe algérien que notre jeunesse se désaliénera et prétendra à l’universalité et à l’humanisme fécond. Hors de cette voie nous n’aurons que des régressions putrides.

3.      Au plan économique stricto sensu, les processus industriels de fabrication, les circuits de commerce et de distribution, les modalités de financement et de réglementation fiscales ou douanières sont aisément maitrisables pour peu que l’on recoure aux professionnels des études et de la prospective économique.

4.      La réglementation et les interventions de l’État, codifiées éventuellement par une ou plusieurs lois pertinentes viendraient couronner tous ces efforts de concertation, de réflexion et d’analyse collective.

On aura alors pris la lorgnette par le bon bout et ouvert une bonne perspective d’avenir pour une saine économie du livre en Algérie.

Peut-on encore rêver ?

Boussad OUADI, éditeur

Alger, le 01/12/2013

 

 

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Rédigé par Boussad OUADI

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Publié le 8 Novembre 2013

Boussad Ouadi (Inas): «Cette loi est complètement à côté de la plaque»

Lien : http://lequotidienoran.wordpress.com/2013/11/05/boussad-ouadi-inas-cette-loi-est-completement-a-cote-de-la-plaque/

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Rédigé par Boussad OUADI

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Publié le 5 Novembre 2013

 

Lettre ouverte aux écrivains et gens de lettres, Hôtes distingués de la culture officielle de l’Algérie contemporaine.

  

 

Le poète est semblable au prince des nuées

Qui hante les tempêtes et se rit de l’archer ;

Exilé sur le sol au milieu des huées,

Ses ailes de géant l’empêchent de marcher

 

 Extrait de L’Albatros, Charles BAUDELAIRE,

 

 

Chers amis et compagnons,

A l’orée d’une vie consacrée à tenter de faire émerger en ce pays une profession d’édition qui porte haut l’étendard du livre, des lettres, des sciences et des arts, je me permets de vous apostropher.

A l’heure des ripailles de ce fastueux salon du livre d’Alger, ces vers de Baudelaire, mieux que tout autre propos, introduiront le sens de la présente missive.

En une semaine de foire, moult colloques, hommages, table-rondes, conférences et dédicaces sont animées par des centaines d’entre vous : écrivains, chercheurs et essayistes venus des quatre coins du pays et de la planète entière.  Dans bien des cas vos livres ne sont pas disponibles à cette occasion, à votre grande frustration et à celle de vos lecteurs. Durant ce salon, combien de personnes auront profité de vos conférences, de votre science, de vos expériences, de votre simple présence ?

Et pourtant chaque année, vous répondez présents, espérant un mieux, escomptant un miracle, vain …

Que de désolation et de récriminations n’entendez-vous lorsqu’il vous arrive de préférer aux petits fours de l’Hôtel Hilton, une visite en librairie, dans une bibliothèque, un quartier populaire !

N’entendez-vous pas ces libraires démunis qui ragent, impuissants de ne pouvoir lire et faire lire vos livres ?

Les parents et les profs sont désarmés, incapables de trouver les ouvrages prescrits de Dib, Mammeri, Sansal, Kateb, Hugo ou Maupassant.

Les auteurs, surtout les algériens, les anciens comme le contemporains, édités à l’étranger demeurent des étrangers à leur pays par la grâce d’une politique imbécile qui inonde le marché de produits de bazar et de luxe ostentatoire mais proscrit la libre circulation des produits de l’esprit et de l’art.

Vos frères, vos concitoyens restent médusés par votre silence. Ils vous rendront peut-être demain complice de l’état de misère intellectuelle dans laquelle veulent nous maintenir nos gouvernants.

Nous en sommes là aujourd’hui car de démissions en compromissions, de silences coupables en « lâchetés petite-bourgeoise », selon le mot de Bachir Hadj Ali, le système politique actuel a asséché le monde du savoir, de la science et de l’intelligence. Il vous a exilé, il a marginalisé, corrompu ou manipulé certains d’entre vous. Il est votre miroir aux alouettes.

Mais demain sera pire encore car la future loi sur le livre légalisera ce qui n’était que voies de fait.

Cette loi nous rendra tous (de l’écrivain au libraire) coupables par défaut car à chaque phase du processus de création du livre il faudra solliciter visas, autorisations et bienveillances des autorités de « tutelle ». Fahreneit  451 de Bradbury, 1984 d’Orwell ou Le procès de Kafka ne seront que pâles copies de notre avenir intellectuel.

L’épée de Damoclès de l’arbitraire bureaucratique supplantera le balancier de la justice. Dans un État de droit, seul le juge peut arbitrer entre la liberté constitutionnellement reconnue à chaque citoyen et l’oukase de toute autorité quelle qu’elle fut. Chez nous le bureaucrate est et restera roi. Le peuple a-t-il jamais été souverain ici ?

Il ne s’agit pas de plaider pour quelque corporation ou chapelle idéologique. C’est de l’avenir intellectuel de ce pays dont il s’agit.

Dire non à la loi liberticide et scélérate est un acte de civisme indispensable pour prévenir la chute aux enfers inéluctable pour toute société qui brime la liberté de création et de diffusion de livres.


Pour conclure, parole à Lounis Ait Menguellet, le barde du Djurdjura qui a composé le poème suivant en 1982, déjà :

  

ETTES ! ETTES ! MAZAL LHAL 

                                                        DORS ! DORS ! T’AS TOUT TON TEMPS

A win iwumi i-gruh yides

                                                       Vous qui avez perdu le sommeil

Di tmurt nnegh ara tafed

                                                       Chez nous, vous dormirez tout votre soûl

Nhemmel it nettaf ghures

                                                      Nous l’aimons, c’est notre baume guérisseur

Imlek agh, hader a teksed

                                                      Il nous possède, gare à nous en priver !

Win i-gebghan ad yakwi

                                                      Que quelqu’un vienne à s’éveiller

A-t-nerr s ides ad as nini

                                                      Vite nous le bordons, en lui chantant :

Ettes ettes mazal lhal

                                                     Dors, dors, t’as tout ton temps !

Mecci d kecc ig sah wawal

                                                    T’as pas encore droit à la parole

 

Et la fable se poursuit ainsi :

Le rameau de la Mecque te procurera le sommeil éternel

Le talisman de Damas endormira le plus érudit d’entre vous

Tu diras à ceux du Caire que les caisses de kif sont arrivées à bon port.

Ôte-toi de tout souci, ceux que tu craignais sont dans un profond sommeil  

Ils te bercent, ils t’endorment, ils te couvrent

Tous tes désirs s’exauceront,

En rêve tout est si facile !

 

Gare au réveil, il sera brutal !

 Boussad OUADI, éditeur

Alger, le 05 novembre 2013


 

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Rédigé par Boussad OUADI

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Publié le 5 Novembre 2013

Sur le lien suivant : http://www.raina-dz.net/spip.php?article263

 

Vous trouverez un entretien diffusé sur You Tube, reprenant les arguments critiques du projet de loi sur le livre.

En quoi cette loi est liberticide, comment on met sous surveillance et suspicion permamente la création et la diffusion des livres.

Une autre alternative est-elle possible ?

 

A écouter et faire découvrir autour de vous

 

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Rédigé par Boussad OUADI

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Publié le 28 Octobre 2013

Afin de montrer combien l'esprit inquisitorial du projet de loi gouvernemental n'est pas une fatalité, voici un document patiemment constitué depuis près de 30 ans qui recense de façon positive les réelles questions que pose le rayonnement du livre dans notre société.

Aujourd'hui, ou dans 20 ans, voici les problèmes que nous devrons résoudre...   

 

 

L'EDITION ALGERIENNE

 ETAT DES LIEUX

 

Synthese Des Travaux De DIVERSES CommissionS

ReunieS PAR LE Ministere De La Culture

OU L'ASSOCIATION DES EDITEURS ALGERIENS de 1987 à 2005

 

MISE A JOUR OCTOBRE 2013

 

Le présent rapport constitue une synthèse des nombreux travaux qui ont réunis les professionnels des métiers du livre depuis 1987, sous l'égide du Ministère de la Culture, de l'Association des éditeurs ou de l'Office National des Droits d'Auteurs.

En l’état actuel il peut être considéré comme base à l'élaboration d'une

 

PLATEFORME DE REFLEXION SUR L'EDITION ET LES METIERS DU LIVRE

 

qui permettrait à tous les opérateurs économiques et aux pouvoirs publics concernés de mieux saisir les réalités vécues dans ce domaine de la culture dont on sait qu'il conditionne pour une grande part le rayonnement culturel dans le pays.

 Pour la clarté de l'exposé, pour chaque domaine examiné, nous présentons en vis-à-vis le constat d'aujourd'hui et les propositions d'amélioration formulées par la profession.

 

 

SOMMAIRE

A - LA SITUATION EN AMONT DE L'EDITION

 

 

 1 - La lecture à l'école

 

2 - Les langues

3 - Littérature, sciences sociales

4 - Les bibliothèques

5 - Liberté de création

6 - Coopération internationale

7 - Université - presse - édition

8 - Les monopoles

 

B - L'ETAT DE LA PROFESSION

 

 

9  - Une politique d'édition

10 - Imprimerie et édition

11 - Le commerce du livre

12 - Financement

13 - Réglementation

 

 

C - CONCLUSION

 

 

A – LA SITUATION EN AMONT DE L’EDITION


1 - LA LECTURE

 

CONSTAT

LA LECTURE COMMENCE TRES TOT,  A L'ECOLE

 

PROPOSITIONS

Rôle de l'enseignement de la littérature et des sciences sociales à l'école. En arabe, en français ou dans d'autres langues, l'enseignement de la littérature est sacrifié au profit des « sciences et de la technologie ». Or, la formation de l'esprit scientifique chez l'enfant débute par la maîtrise de la langue (littérature, conte, poésie...).

Il en résulte:

- la nécessité de développer l'édition scolaire en ouvrant les portes de l'institution scolaire à la profession éditoriale. Les éditeurs publics et privés peuvent coopérer avec les pouvoirs publics dans le respect des trois principes suivants :

-respect des programmes arrêtés par les ministères chargés de l'éducation nationale et de la formation

-garantie de qualité du livre scolaire

-répartition équitable des subventions entre les opérateurs économiques de façon à respecter les objectifs sociaux de l'État en matière de prix des manuels scolaires.

- Une meilleure coopération entre les éditeurs et l’ONPS encouragera l'innovation et le pluralisme pédagogique.

- encourager l'édition de revues périodiques pour enfants: BD, albums illustrés, collections de livres de poche type bibliothèque rose, verte etc..., ouvrages et journaux de vulgarisation scientifique, de sport, loisirs, voyages


 

2 - LE PROBLEME DES LANGUES

 

CONSTAT

L'édition doit offrir de la lecture dans toutes les langues pratiquées effectivement par la population : arabe, Tamazight, français et également les autres langues vivantes étrangères, anglais, allemand, espagnol etc....

 

 PERSPECTIVES

Les éditeurs soulignent l'importance de la traduction systématique et des éditions bilingues.

L'intervention des pouvoirs publics pour l'aide à la traduction revêt un caractère de service public que doit assumer la communauté nationale sous forme de subventions.

  

3 - L'EDITION SCIENTIFIQUE

 

CONSTAT

 L'édition en Algérie a favorisé la publication de thèses académiques ou de livres parascolaires de piètre qualité, au détriment de collections de vulgarisation scientifique pour un large public.

Les sciences sociales ont souvent été sacrifiées sur l'autel de la "technologie" et des sciences exactes.

L'absence d'édition de dictionnaires et d'encyclopédies est un signe grave d'arriération pour un pays qui a tant misé sur le développement industriel et l'éducation nationale.

 

PERSPECTIVES

 L'édition d'ouvrages et de collections scientifiques de large diffusion s'impose comme priorité aujourd'hui.

Le marché est demandeur en périodiques scientifiques,  littéraires, historiques et artistiques.

La multiplication, la diversification et la spécialisation des maisons d'édition devraient être encouragées.

La coopération au niveau maghrébin notamment pourrait faciliter les projets dits "lourds" tels que les encyclopédies et usuels.

 4 - LES BIBLIOTHEQUES

CONSTAT

 Le patrimoine et le nombre de lecteurs stagnent. Les acquisitions d'ouvrages sont très faibles. Les prêts régressent, la population croît. Les problèmes de gestion  et de conservation de la bibliothèque nationale sont connus.

Les bibliothèques municipales, de quartier, de maisons de la culture, des entreprises, des universités ou des lycées sont souvent délaissées et ne sont que des salles de travail.

Parallèlement l'institut de bibliothéconomie forme de nombreux bibliothécaires et documentalistes sous-utilisés.

Dans une bibliothèque correctement gérée un livre peut avoir 25 lecteurs par an.

Le budget devises de 5 000 livres importés peut être :

 - vendu en librairie et rencontrer 10 à 30.000 lecteurs

 -géré en bibliothèque et prêté à 125.000 lecteurs/an.

Combien de lecteurs ont profité des belles encyclopédies Universalis et Larousse importées en monnaies fortes dans les années 1980 ? Combien de bibliothèques ont bénéficié des budgets importants ces dernières années d’aisance financière ?

 

PERSPECTIVES

Les éditeurs soulignent avec force la nécessité vitale pour tout le tissu social de dynamiser la lecture publique et de créer un réseau national de bibliothèques associant l'éducation nationale (création d'un corps de bibliothécaires scolaires), les collectivités locales, les éditeurs et toutes les institutions sociales et culturelles.

Une part de l'importation des livres devra être réservée aux bibliothèques.

Le potentiel humain formé à cet effet devrait être réinjecté dans les bibliothèques.

Il conviendrait d’en finir avec les bibliothèque « salles de travail » et de privilégier principalement les bibliothèques et ludothèques pour enfants


 

5 - CREATION

 

CONSTAT

 Les problèmes de la création sont ceux de la liberté d'expression, de publication et de diffusion pour l'auteur comme pour l'éditeur ou le libraire. Le pluralisme politique consacré par la constitution et les traités internationaux ratifiés par l’Algérie garantissent aujourd'hui l'exercice de ces libertés.

 

PERSPECTIVES

 La protection des œuvres et des créateurs devrait être assurée par un organisme de droits d'auteur dont la gestion serait paritaire : auteurs-éditeurs-pouvoirs publics, ce qui supposerait une modification du statut actuel de l'ONDA, sous la tutelle exclusive de l’administration.

De même, la loi sur les droits d'auteur devrait être révisée dans le sens d'un assouplissement des relations contractuelles auteurs-éditeurs notamment dans sa disposition imposant la rémunération des auteurs.

 

6 - La coopération internationale

 

CONSTAT

 

L'une des causes essentielles de la stérilité relative de l'édition nationale a été le recours facile à l'importation de livres, qui a dispensé du nécessaire effort de création éditoriale et d'amélioration du produit local.

Les freins objectifs à l'exportation du livre algérien résident dans la faiblesse de nos performances en termes de qualité de délais, de prix et de réglementation.

 

perspectives

 

Il convient de substituer une politique d'échange et d'acquisition de droits à l'importation systématique et onéreuse de papier imprimé, tenant compte de la nécessaire ouverture sur le marché extérieur.

Coéditer, coproduire, former des professionnels de l'édition dans l'aire géogra­phique environnante : Maghreb, monde arabe et zone franco­phone (Afrique, Canada...)

L'expérience a démon­tré la nécessité d'améliorer le pouvoir de négociation des éditeurs algériens par :

-leur coopération au sein de leurs associations profession­nelles,

-l'intervention des représen­tants de l'État algérien face aux institutions représentant d'autres états (attachés cul­turels, centres culturels étrangers etc...)

  

7 - Les liens : université-presse-édition

 

                ° UNIVERSITE °<==>° EDITION °

                  * Création de revues

                  * Vulgarisation scientifique

                  * Diffusion de la recherche

                       (Banques de données)

 

                ° UNIVERSITE °<==>° PRESSE °

                  * Critique littéraire

                  * Diffusion scientifique

 

                   ° PRESSE <=====>EDITION °

                  * Création journalistique et éditoriale                

                  * Critique littéraire

                  * Promotion du livre

CONSTAT

 Les relations entre les trois pôles essentiels de l'action culturelle: presse, université, édition n'existent qu'à l'état embryonnaire dans notre pays.

 

PERSPECTIVES

 Il y a urgence à :

* créer des revues entre universités et éditeurs

* créer des structures de coopération type centres de recherches ou associations spécialisées.

* faire vivre la critique littéraire et scientifique

* médiatiser le livre par la TV, vidéo, cinéma, publicité.

8 - DES  MONOPOLES STERILES

 

CONSTAT

 

Le quasi-monopole passé dans l'édition et l'imprimerie n'a pas favorisé la dynamique éditoriale car un éditeur qui ne peut choisir ni la date de sortie, ni la qualité, ni le prix de son livre n'est pas réellement capable de jouer son rôle créatif.

Jusqu'à présent les services administratifs : douanes, police, affaires religieuses continuent à exiger des visas d’édition ou d’importation

 

 PERSPECTIVES

 La diversification des maisons d'édition et des imprimeries améliorera la compétitivité dans l'édition des livres.

De même la formation  des professionnels dans tous les métiers du livre: composition, préparation de copies, maquette, illustration, reliure, marketing, pub etc...ainsi que l'investissement dans les technologies nouvelles (sans verser dans le gigantisme de mauvais aloi) garantiront la qualité et la productivité de l'industrie du livre.

 

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Rédigé par Boussad OUADI

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Publié le 28 Octobre 2013

 

B - L'ETAT DE la profesSION

 

 

9 - POLITIQUE D'EDITION

CONSTAT

 

L'édition souffre de l'absence d'une volonté politique de modifier la situation antérieure.

Les caractéristiques dominantes, héritées d'un quart de siècle de quasi-monopole dans l'édition sont: climat général de censure et d'autocensure mutilante, dirigisme bureaucratique et défaillances techniques et professionnelles tant aux niveaux de l'encadrement que des personnels d'exécution,

absence totale de coopération entre éditeurs qui ne possèdent pas d'organisations professionnelles solides (imprimeurs, libraires, éditeurs...)

La production nationale est discréditée et les meilleurs créateurs sont exilés à l’étranger.

Pour rééditer en Algérie Kateb Yacine, Mouloud Mammeri Assia Djebbar, Mohamed Dib, NabileFarès, Rachid Mimouni, Tahar Djaout etc... il faut s'adresser aux éditeurs français !

Les libanais et tunisiens, à leur tour, sont sur le point de nous ravir les futurs créateurs.

Depuis 10 ans l’affairisme a gangréné notre profession. Les opérations pharaoniques des « années de culture arabe, africaine, islamique, de Tlemcen » ont engendré le favoritisme et la corruption autour de budgets étatiques colossaux gérés dans l’opacité totale.

 

 

 

PERSPECTIVES

 

Quelle est la part de l'écrit dans la politique culturelle de l'état? il appartient autant aux politiques qu'aux institutions culturelles et scientifiques et aux gens de lettres d'en débattre et d'esquisser des réponses à cette question.

Les rôles respectifs de l'État, des éditeurs, des diffuseurs, des libraires et des créateurs devront être redéfinis.

Les moyens budgétaires devront matérialiser cette volonté politique. L'investissement sur le long terme devrait prendre le pas sur les improvisations anarchiques et l'interventionnisme des tutelles administratives. L'édition devrait vivre par le livre et pour le livre. Les organisations professionnelles des éditeurs, des imprimeurs, des diffuseurs et des libraires devraient être autonomes par rapport à la tutelle de l’État. Leur rôle est de faire progresser la concertation et la définition des politiques à mener dans l'édition.

Au carrefour des milieux d’affaires et des nobles productions de l’esprit, le livre est constamment sous la menace des puissances d’argent, des religions et de la politique. Seule l'autorité de la justice, dans un État de droit digne de ce nom est susceptible de protéger la création intellectuelle, les arts, les lettres et les sciences dont le livre est un des principaux vecteurs.

 

10 - L'IMPRIMERIE ET L'EDITION

 CONSTAT

 

Les ateliers d'impression et de façonnage du livre de qualité sont rares.

Les prix de fabrication sont trop élevés car la main d'œuvre est chère et peu qualifiée, les équipements inadéquats ou mal entretenus, les approvisionnements en matière première ou pièces détachées très aléatoires d'où un manque d'organisation  qui coûte cher en bout de chaîne.

Pour ces mêmes raisons la qualité du livre est très moyenne et les délais fantaisistes.

Il y a manque total d'intégration dans la profession et absence de coordination. Exemples frappants: suréquipement de composition (PAO principalement) et sous-équipement en reliure dure et façonnage.

Le parc en machines d'imprimerie offsetest très important alors que nous que l’impression numérique est quasi inexistante dans la fabrication du livre.

Il y a sous équipement dans certains domaines etsuréquipementen d’autres dans les arts graphiques en Algérie.

 

 

 PERSPECTIVES

 

Établir un bilan sur l'état de l'imprimerie et de ses rapports avec l'édition. Après quoi, il pourrait se dégager des choix sur les investissements à réaliser, les réorganisations ou restructurations à opérer, l'intégration à rechercher entre imprimeurs et éditeurs, entre publics et privés.

Veiller à maintenir un état de compétition et de concurrence entre industriels du livre, seule garantie du dynamisme et de la compétitivité dans l'édition.

Les choix technologiques et financiers dans l'investissement doivent être commandés par la réalité du marché et non par des considérations administratives ou bureaucratiques.

Les administrations concernées doivent faire participer tous les professionnels concernés par ces choix.

En tant qu'industrie culturelle, peut-être est-il possible au niveau maghrébin, arabe ou africain de penser à une meilleure coopération notamment dans la maintenance de notre appareil industriel.

 

Les approvisionnements

 CONSTAT

 

Le boulet principal dans l'industrie du livre restera pour longtemps celui du papier qui est presqu'entièrement importé sous forme de produit fini ou de pâte à papier.

À l’époque de la CELPAP, alors que nos importations étaient de 200000 tonnes de papier, la consommation de l'édition, y compris celle de l'IPN, devait atteindre 10000 tonnes soit 5% des importations.

L’anarchie qui règne aujourd’hui du fait de la libéralisation sauvage a paupérisé encore davantage les éditeurs qui n’ont aucun pouvoir de décision dans leurs choix de papier.

 

 

 

 

PERSPECTIVES

 

La solution au problème du papier est au niveau de l'industrie de la cellulose. De l'alfa et de sa transformation. En situation de dépendance vis-à-vis de l'importation, aujourd'hui il est possible de gérer la pénurie car la part des papiers d'édition (dits de luxe) ne représente pas des sommes astronomiques dans le commerce extérieur du pays.

D'autre part on peut toujours pratiquer une politique d'édition qui ne soit pas papivore en modulant les tirages, le nombre des titres et la part de la lecture publique  dans la gestion du livre.

L'édition peut très bien survivre à la crise du papier si on sait gérer convenablement tous les facteurs contraignants.

 

11 - Le commerce du livre

 CONSTAT

 

Ce point soulève le problème général du modèle de consommation des ménages.

Selon l'annuaire statistique (ONS)  1987, le poste "éducation, culture, loisirs" occupe 3,3% du budget familial. Ce chiffre comprend essentiellement les fournitures scolaires. Dans les pays développés, les chiffres avoisinent les 15%.

L'Algérien lit un livre par an, y compris le livre scolaire alors que le Français ou l'Allemand en lit 7 ou 12 c'est dire l'importance du fossé à combler et l'immensité de la tâche des éditeurs.

 

 

 

 

 PERSPECTIVES

 

Dans le livre non scolaire, le déficit de l'offre peut être estimé à quelques millions de livres dont la fabrication et l'édition en Algérie permettront de :

créer des emplois

satisfaire une demande socio-culturelle essentielle car elle partirait d'un vécu et non plus du produit importé

réaliser d'importantes économies de devises.

En ce sens, une politique volontariste peut être arrêtée après des études de marché, indispensables sur le lectorat et le marketing dans l'édition.

 

 

11-1 La diffusion des livres

 

CONSTAT

 

En 1987, il existait un réseau de 180 librairies à travers le territoire national.Ce réseau ainsi que celui de l'ENAMEP formaient un potentiel important en infrastructure de stockage, moyens de transport et moyens humains.

En 2013 ces librairies ont été privatisées à vil prix et soumises à la spéculation financière et immobilière auxquelles le commerce du livre ne peut faire face.

L’accès des libraires à l’importation a été barré par la réglementation du commerce extérieur qui favorise les barons de l’import-import et e l’économie informelle.

La loi de finance complémentaire de Juillet 2009, notamment l’obligation du CREDOC et toute une série derèglements bureaucratiques ignore les réalités professionnelles de l'édition et de la circulation du livre.

Résultat, plus de réseau national de diffusion de livres, on n’importe plus les livres scientifiques, techniques, d’érudition ou d’actualité littéraire et professionnelle.

Le risque est trop élevé pour les importateurs.

Les moyens de communication trop faibles: ordinateurs, fax etc.

 

 

 

PERSPECTIVES

 

La complémentarité des réseaux entre éditeurs et distributeurs-diffuseurs, publics et privés, est indispensable pour améliorer la couverture géographique et réduire les coûts de diffusion par une meilleure rentabilisation des infrastructures et des moyens humains et matériels. Logiquement de meilleurs chiffres de vente influeront positivement sur la création éditoriale.

Le monopole de l'importation du livre ne doit plus appartenir aux importateurs, publics ou privés. Il doit être l’affaire de tous les professionnels de la librairie et la diffusion, y compris les éditeurs indépendants et les consommateurs.

La réglementation doit prendre en charge les statuts de diffuseurs, distributeurs et de libraires sur les plans fiscal, bancaire et commercial notamment, en consultation avec les professionnels du livre et conformément aux normes internationales.

La codification selon les normes internationales (code ISSN et ISBN) doit être adoptée par les professions du livre, la bibliothèque nationale et les institutions concernées.

 

11-2 PROMOTION, PUBLICITE, FOIRES ET EXPOSITIONS

 

CONSTAT

 

La désorganisation du marché du livre favorise

Des comportements pénuristes désolants

Le piratage et le commerce informel

la déstructuration et la mort lente des circuits industriels et commerciaux réellement professionnels

La confusion regrettable entre les fonctions de diffusion et de distribution est un handicap à la promotion du livre

Le monopole de l’ANEP sur la publicité publique est un anachronisme.

La gestion à la fois anarchique et bureaucratique des foires et expositions entrave l’activité de librairie

 

 

 

 

PERSPECTIVES

 

Des campagnes générales d'information sont nécessaires à travers journaux, TV, radio, pub. Toute la société est concernée: presse, école, universités, bibliothèques etc...

La TV joue un rôle prépondérant : débats, informations, sans langue de bois ni censure. La création de revues littéraires, scientifiques, de publicité est facteur de promotion.

Les libraires, éditeurs et auteurs devraient être associés à l’organisation des salons et foires du livre.  Ces manifestations gagneraient à conjuguer les aspects  professionnel, littéraire et scientifique avec l'aspect commercial, sans porter atteinte à l’activité essentielle  et quotidienne des librairies.

 


 

11-3 LIBRAIRIES, VENTES AU DETAIL

 

CONSTAT

 

Il existe une librairie pour 400 000 habitants et un médecin pour 2 000 habitants. L'Algérie des paradoxes compte 200 fois plus de médecins que de libraires!

 

Les rares libraires qui vivent de leur seul commerce du livre sont moins d’une centaine.

 

Le libraire à l'écoute du lecteur est la caisse de résonnance pour l'éditeur, le diffuseur, le distributeur.

 

 

 

PERSPECTIVES

 

Face à cette situation, seule l’offre de livres en quantité,  en qualité, variété et à des prix abordables peut augmenter le volume d'affaires du commerce du livre.

La survie de la profession de libraire passe par le prix unique du livre et la structuration des réseaux de distribution.

Le libraire doit avoir un libre accès à l’importation de livres, passant outre la fonction d’importateur qui n’a pas de sens dans le commerce international du livre.

Le regroupement en associations professionnelles de libraires et distributeurs doit être encouragé.

 

 

11-4 L'EXPORTATION DU LIVRE

CONSTAT

 

Pour exporter il faut produire des contenus originaux et de facture industrielle et commerciale compétitive.

Notre faible production nationale ne répond à aucun de ces critères. Mais comment en serait-il autrement considérant les constats ci-dessus ?

 

 

 

 

PERSPECTIVES

 

Le dépôt-vente à l'étranger de produits algériens est prohibé par les procédures bancaires et douanières actuelles.

Il faut apprendre à exporter en produisant localement avec des contenus, des prix, une fiscalité et des éditeurs dignes de nous représenter dans les foires à l’étranger.

Développer une politique hardie de traduction et de cessions de droits à la fois sur le patrimoine algérien et arabe et le domaine universel (à l'exemple du Liban et de l'Égypte).

 

 

 

12 - LE FINANCEMENT

 

CONSTAT

 

La subvention de l'État doit obéir à des critères transparents privilégiant l’intérêt général et la diffusion du savoir et de la culture, au plus près de l’usage du citoyen.

Le livre fabriqué localement supporte des taxes dont le livre importé est exonéré.

Les imprimeurs imposent aux éditeurs le paiement cash du livre à sa sortie, sans intervention des circuits bancaires.

Pas d'encouragement à l'investissement

Pourtant l'électronique a introduit une vraie révolution dans les arts graphiques et les équipements évoluant très rapidement, doivent être amortis et renouvelés en conséquence.

L’impression numérique, l’édition numérique et en ligne sont des créneaux d’investissement d’avenir pour renouveler les contenus et les diffuser à moindre coût.

 

 

 

 

 

PERSPECTIVES

 

Encourager les échanges internationaux par de réelles coéditions et coproductions. Faire intervenir les banques pour les financements sous forme d'instruments de paiements modernes: lettres de crédit, traites bancaires etc...

Cesser les discriminations entre public et privé.

Adapter les règles d'amortissement aux évolutions technologiques et commerciales.

Investir dans la formation et le perfectionnement des professionnels.

Subventionnerles prix littéraires, les sociétés de lettres, les fondations et publications scientifiques et artistiques.

Encourager le développement de l’impression numérique et de l’édition numérique dans la conservation du patrimoine et la diffusion des lettres, des sciences et des techniques.

13 - REGLEMENTATION

CONSTAT

 

La profession éditoriale n'est pas organisée.

Le statut de l'ONDA est inadapté.

Les relations État-éditeurs sont peu claires.

Les liens de vassalité entre le monde de l’édition et les institutions de l’État doivent cesser faute de quoi les meilleurs de nos créateurs continueront de s’exiler.

Les autorisations à priori, de visas, de procédures administratives de la culture, des douanes, des affaires religieuses sont contraires à la constitution. Seule la justice et les services de police à son service, dans le cadre de la loi, peuvent intervenir à postériori, dans le processus de création, d’importation ou de diffusion des livres.

Les aides et subvention au livre doivent être gérées démocratiquement au bénéfice du contribuable.

 

 

 

PERSPECTIVES

 

Nécessité d'organiser librement les professions d'éditeur, de libraire, d'imprimeur etc...

Participation des éditeurs et auteurs à la gestion des droits d'auteurs par une gestion paritaire de l'ONDA.

Les fonds d'aide et le Centre National des Lettres, doivent être gérés de façon paritaire et démocratique par les auteurs, éditeurs et autres professionnels du livre avec les pouvoirs publics.  La vocation essentielle est l'aide à la création éditoriale en général, le financement de projets importants tels que : encyclopédies, dictionnaires, patrimoine, recherche et création artistique et scientifique.

L’aide à la traduction est aussi essentielle que la subvention pour le pain et le lait actuellement en cours dans notre pays.

Le ministère de la culture doit avoir un rôle d'animation, d'orientation des budgets et moyens, et non plus de gestion, d'injonction administrative ou de contrôle policier.

 

  

CONCLUSION

 

1 - Il n'y a pas de solutions partielles aux problèmes évoqués ci-dessus. Tout se tient.

Il faut une politique globale de l'édition dans un esprit de concertation et d’ouverture d’esprit.

Le strict respect des libertés collectives et individuelles est une condition sine et qua none de la vitalité de la culture et de l’épanouissement des citoyens

La volonté et les moyens pour y parvenir conditionnent toute entreprise en ce sens

 

2 - Parmi les urgences, il faut particulièrement relever les dossiers prioritaires qui devront faire l'objet d'études et de décisions de la part des pouvoirs publics en coopération avec l'ensemble des professions du livre :

  • la levée des interdits et autorisations anticonstitutionnels
  • la promotion de la lecture publique et les bibliothèques
  • le système d'aide à la traduction
  • la création et l’importation de livres et périodiques scientifiques
  • la réglementation relative au unique prix unique du livre
  • le financement bancaire de l’investissement et de l'activité de production de livres
  • l'approvisionnement en papier d’édition et l’encouragement à l’investissement dans l’imprimerie numérique.
  • la formation aux métiers du livre.

Alger, le 20 octobre 2013

 

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Rédigé par Boussad OUADI

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