Les comics de l’ère Bouteflika continuent de sévir !!!
Publié le 18 Septembre 2019
Le FIBDA 2019, les 50 ans de M’qidech, les 80 ans de Batman seront célébrés du 1 au 5 octobre 2019 à l’Esplanade de l’Office Riad El Feth.
Le 24ème Salon international du livre d'Alger est annoncé du 30 octobre au 9 novembre 2019
Les comics de l’ère Bouteflika continuent de sévir !!!
Flash back :
Le 30/11/2007 le quotidien Liberté écrivait :
« Le dernier livre de Mohamed Benchicou “Les Geôles d’Alger” interdit au Salon du livre
Le livre, Les Geôles d'Alger, écrit par le journaliste Mohamed Benchicou, a été retiré mercredi dernier de la vente immédiatement après l'ouverture du Salon du livre d'Alger, qui se tient jusqu'au 9 novembre. L’information a été confirmée à l’AFP par Mohamed Benchicou. “Le livre a été retiré de l'exposition mercredi soir immédiatement après l'inauguration du salon par le président Abdelaziz Bouteflika”, a déclaré Benchicou à l’agence France Presse.
L’éditeur de M. Benchicou, Boussaâd Ouadi, a, pour sa part, précisé à l'AFP que “son stand a été fermé, sans explication, par les organisateurs du salon qui ont aussi saisi tous les ouvrages exposés”. Le stand de la maison d’édition Inas a été fermé par les organisateurs qui ont saisi tous les ouvrages exposés.... Il faut savoir que le stand de l’éditeur Inas devait abriter, jeudi après-midi, la première vente dédicace du livre Les Geôles d'Alger. Mohamed Benchicou, directeur du journal Le Matin, suspendu depuis juillet 2004, a été emprisonné durant deux ans à l’issue d’un procès pour une affaire de bons de caisse. Dans son nouveau livre, Les Geôles d’Alger, Mohamed Benchicou raconte ses deux ans d’incarcération à la prison d’El-Harrach. Dans la préface, Gilles Perrault écrit : “Ce livre est roboratif, réconfortant et même enthousiasmant. Car Mohamed Benchicou avait été incarcéré avec en tête l'exhortation du poète Nazim Hikmet, autre détenu politique célèbre : l'important, c'est de ne pas se rendre”. “On ne peut rien contre la volonté d'un homme”, répétait Nelson Mandela. L'auteur de ce livre, ajoute Gilles Perrault, en apporte à son tour la superbe démonstration. “Il est sorti des geôles d'Alger comme il y était entré : la tête haute. C'est une leçon de courage que nous délivre son livre aussi émouvant que passionnant. Puisse-t-elle être largement entendue, et notamment par ces puissants qui croient que l'intimidation et la violence iniques réussissent toujours à courber les hommes libres”, conclut-il. Devant cette situation, le Syndicat des éditeurs a été saisi. Pour l’instant, aucune réaction n’a été enregistrée. Amine Allami »
En avril 2008 j'ai publié ce texte resté sans écho bien sûr. Et bien au contraire, les lois de 2012 et 2013 sur les associations, les partis et la culture ont permis au pouvoir liberticide de corrompre de pseudo intellectuels qui se sont tus alors.
« Un manifeste, un salon, un prix littéraire, c’est bien ! Mais pour réaliser ces projets, il faudrait abattre les barrières suivantes : le droit de réunion renié et la liberté d’association bafouée.
Ces droits constitutionnels qui sont aussi les fondements de la déclaration universelle des droits de l’homme sont niés par le ministre de l’intérieur en Algérie. Les associations légalement constituées, pour certaines depuis plus de 20 ans, reconnues par décret du même ministère se voient refuser toutes activités légales. … De fait c’est le Ministère de l’intérieur qui enfreint la loi et commet un acte arbitraire en refusant de reconnaître les associations. Celles-ci ne demandent qu’à agir légalement pour le bien public et la satisfaction des besoins sociaux et culturels de la population. Il devrait être interdit d’interdire les associations dans ce pays. Elles sont le vivier de la démocratie dans toute société moderne.
C’est de cet interdit que découle : 1. L’interdiction de manifester 2. L’interdiction de se réunir 3. L’interdiction de publier 4. L’interdiction de parler 5. L’interdiction d’ester en justice
Les actions à mener sont simples : • Réunir un collectif d’associations victimes de cet arbitraire • Constituer un collectif d’avocats qui introduirait une action en justice contre le gouvernement qui viole les droits constitutionnels des citoyens. • Mener une campagne internationale de soutien à ce mouvement et menacer de recourir aux juridictions internationales de Genève et de La Haye. Initiée par des écrivains, des journalistes, des avocats, des citoyens de bonne volonté, une telle action ne peut que fédérer, mobiliser, ouvrir une petite fenêtre d’espoir à notre société qui se meurt du carcan des interdits, de la corruption et de la démission civique.
A mon avis, c’est ça le rôle des intellectuels. La révolution est une autre paire de manche. Bien qu’il ne soit jamais interdit de rêver et que ce sont les utopies qui ont toujours fait le bonheur des hommes et des femmes. »
C’était en avril 2008. Cinq ans plus tard, dans une lettre ouverte aux écrivains et gens de lettres publiée à l’occasion du salon du livre de 2013 ( in http://boussad.over-blog.org/article-lettre-ouverte-aux-ecrivains-et-gens-de-lettres-120962752.html) j’attirais l’attention de tous :
« Vos frères, vos concitoyens restent médusés par votre silence. Ils vous rendront peut-être demain complice de l’état de misère intellectuelle dans laquelle veulent nous maintenir nos gouvernants.
Nous en sommes là aujourd’hui car de démissions en compromissions, de silences coupables en « lâchetés petite-bourgeoise », selon le mot de Bachir Hadj Ali, le système politique actuel a asséché le monde du savoir, de la science et de l’intelligence. Il vous a exilé, il a marginalisé, corrompu ou manipulé certains d’entre vous. Il est votre miroir aux alouettes.
Mais demain sera pire encore car la future loi sur le livre légalisera ce qui n’était que voies de fait.
Cette loi nous rendra tous (de l’écrivain au libraire) coupables par défaut car à chaque phase du processus de création du livre il faudra solliciter visas, autorisations et bienveillances des autorités de « tutelle ». Fahreneit 451 de Bradbury, 1984 d’Orwell ou Le procès de Kafka ne seront que pâles copies de notre avenir intellectuel.
L’épée de Damoclès de l’arbitraire bureaucratique supplantera le balancier de la justice. Dans un État de droit, seul le juge peut arbitrer entre la liberté constitutionnellement reconnue à chaque citoyen et l’oukase de toute autorité quelle qu’elle fut. Chez nous le bureaucrate est et restera roi. Le peuple a-t-il jamais été souverain ici ?
Il ne s’agit pas de plaider pour quelque corporation ou chapelle idéologique. C’est de l’avenir intellectuel de ce pays dont il s’agit.
Dire non à la loi liberticide et scélérate est un acte de civisme indispensable pour prévenir la chute aux enfers inéluctable pour toute société qui brime la liberté de création et de diffusion de livres.
Gare au réveil, il sera brutal ! »
Puis vint la loi sur le livre adoptée en 2015 et défendue par de zélés chyatine de la profession et des médias qui ont été en retour, grassement récompensés par un système mafieux de subventions-prédation-abus-de-biens-sociaux-prévarication-et-détournements-du-trésor-public unique au monde. Les flagorneurs vivent toujours aux dépens de ceux qui les écoutent, n’est-ce pas ! Floraison d’éditeurs bidon et incultes, d’importateurs convertis de la semoule ou des pneus aux beaux-arts et à la littérature, de commissaires et curateurs ignares, de critiques littéraires indigestes… Hacha et pardon à quelques rares plumes et intelligences qui ont survécu à ce tsunami d’impostures et de régression intellectuelle qui durent depuis des décennies.
En l’an de grâce 2019, sanctifié par le réveil salvateur du 22 février, comme si de rien n’était, les mêmes zélés serviteurs de Saïd Bouteflika et consorts continuent de sévir en prétendant organiser des salons « officiels » du livre et de la BD dans les semaines à venir.
Alors qu’on jette en prison des combattants de la liberté d’expression , cautionner ces mascarades de la culture officielle, celle de Fakhamatouhou et de ses agents stipendiés serait une insulte à l’éveil du 22 février.
Yetnahaw ga3. Silmya.