PLATEFORME DE REFLEXION SUR L'EDITION ET LES METIERS DU LIVRE

Publié le 28 Octobre 2013

Afin de montrer combien l'esprit inquisitorial du projet de loi gouvernemental n'est pas une fatalité, voici un document patiemment constitué depuis près de 30 ans qui recense de façon positive les réelles questions que pose le rayonnement du livre dans notre société.

Aujourd'hui, ou dans 20 ans, voici les problèmes que nous devrons résoudre...   

 

 

L'EDITION ALGERIENNE

 ETAT DES LIEUX

 

Synthese Des Travaux De DIVERSES CommissionS

ReunieS PAR LE Ministere De La Culture

OU L'ASSOCIATION DES EDITEURS ALGERIENS de 1987 à 2005

 

MISE A JOUR OCTOBRE 2013

 

Le présent rapport constitue une synthèse des nombreux travaux qui ont réunis les professionnels des métiers du livre depuis 1987, sous l'égide du Ministère de la Culture, de l'Association des éditeurs ou de l'Office National des Droits d'Auteurs.

En l’état actuel il peut être considéré comme base à l'élaboration d'une

 

PLATEFORME DE REFLEXION SUR L'EDITION ET LES METIERS DU LIVRE

 

qui permettrait à tous les opérateurs économiques et aux pouvoirs publics concernés de mieux saisir les réalités vécues dans ce domaine de la culture dont on sait qu'il conditionne pour une grande part le rayonnement culturel dans le pays.

 Pour la clarté de l'exposé, pour chaque domaine examiné, nous présentons en vis-à-vis le constat d'aujourd'hui et les propositions d'amélioration formulées par la profession.

 

 

SOMMAIRE

A - LA SITUATION EN AMONT DE L'EDITION

 

 

 1 - La lecture à l'école

 

2 - Les langues

3 - Littérature, sciences sociales

4 - Les bibliothèques

5 - Liberté de création

6 - Coopération internationale

7 - Université - presse - édition

8 - Les monopoles

 

B - L'ETAT DE LA PROFESSION

 

 

9  - Une politique d'édition

10 - Imprimerie et édition

11 - Le commerce du livre

12 - Financement

13 - Réglementation

 

 

C - CONCLUSION

 

 

A – LA SITUATION EN AMONT DE L’EDITION


1 - LA LECTURE

 

CONSTAT

LA LECTURE COMMENCE TRES TOT,  A L'ECOLE

 

PROPOSITIONS

Rôle de l'enseignement de la littérature et des sciences sociales à l'école. En arabe, en français ou dans d'autres langues, l'enseignement de la littérature est sacrifié au profit des « sciences et de la technologie ». Or, la formation de l'esprit scientifique chez l'enfant débute par la maîtrise de la langue (littérature, conte, poésie...).

Il en résulte:

- la nécessité de développer l'édition scolaire en ouvrant les portes de l'institution scolaire à la profession éditoriale. Les éditeurs publics et privés peuvent coopérer avec les pouvoirs publics dans le respect des trois principes suivants :

-respect des programmes arrêtés par les ministères chargés de l'éducation nationale et de la formation

-garantie de qualité du livre scolaire

-répartition équitable des subventions entre les opérateurs économiques de façon à respecter les objectifs sociaux de l'État en matière de prix des manuels scolaires.

- Une meilleure coopération entre les éditeurs et l’ONPS encouragera l'innovation et le pluralisme pédagogique.

- encourager l'édition de revues périodiques pour enfants: BD, albums illustrés, collections de livres de poche type bibliothèque rose, verte etc..., ouvrages et journaux de vulgarisation scientifique, de sport, loisirs, voyages


 

2 - LE PROBLEME DES LANGUES

 

CONSTAT

L'édition doit offrir de la lecture dans toutes les langues pratiquées effectivement par la population : arabe, Tamazight, français et également les autres langues vivantes étrangères, anglais, allemand, espagnol etc....

 

 PERSPECTIVES

Les éditeurs soulignent l'importance de la traduction systématique et des éditions bilingues.

L'intervention des pouvoirs publics pour l'aide à la traduction revêt un caractère de service public que doit assumer la communauté nationale sous forme de subventions.

  

3 - L'EDITION SCIENTIFIQUE

 

CONSTAT

 L'édition en Algérie a favorisé la publication de thèses académiques ou de livres parascolaires de piètre qualité, au détriment de collections de vulgarisation scientifique pour un large public.

Les sciences sociales ont souvent été sacrifiées sur l'autel de la "technologie" et des sciences exactes.

L'absence d'édition de dictionnaires et d'encyclopédies est un signe grave d'arriération pour un pays qui a tant misé sur le développement industriel et l'éducation nationale.

 

PERSPECTIVES

 L'édition d'ouvrages et de collections scientifiques de large diffusion s'impose comme priorité aujourd'hui.

Le marché est demandeur en périodiques scientifiques,  littéraires, historiques et artistiques.

La multiplication, la diversification et la spécialisation des maisons d'édition devraient être encouragées.

La coopération au niveau maghrébin notamment pourrait faciliter les projets dits "lourds" tels que les encyclopédies et usuels.

 4 - LES BIBLIOTHEQUES

CONSTAT

 Le patrimoine et le nombre de lecteurs stagnent. Les acquisitions d'ouvrages sont très faibles. Les prêts régressent, la population croît. Les problèmes de gestion  et de conservation de la bibliothèque nationale sont connus.

Les bibliothèques municipales, de quartier, de maisons de la culture, des entreprises, des universités ou des lycées sont souvent délaissées et ne sont que des salles de travail.

Parallèlement l'institut de bibliothéconomie forme de nombreux bibliothécaires et documentalistes sous-utilisés.

Dans une bibliothèque correctement gérée un livre peut avoir 25 lecteurs par an.

Le budget devises de 5 000 livres importés peut être :

 - vendu en librairie et rencontrer 10 à 30.000 lecteurs

 -géré en bibliothèque et prêté à 125.000 lecteurs/an.

Combien de lecteurs ont profité des belles encyclopédies Universalis et Larousse importées en monnaies fortes dans les années 1980 ? Combien de bibliothèques ont bénéficié des budgets importants ces dernières années d’aisance financière ?

 

PERSPECTIVES

Les éditeurs soulignent avec force la nécessité vitale pour tout le tissu social de dynamiser la lecture publique et de créer un réseau national de bibliothèques associant l'éducation nationale (création d'un corps de bibliothécaires scolaires), les collectivités locales, les éditeurs et toutes les institutions sociales et culturelles.

Une part de l'importation des livres devra être réservée aux bibliothèques.

Le potentiel humain formé à cet effet devrait être réinjecté dans les bibliothèques.

Il conviendrait d’en finir avec les bibliothèque « salles de travail » et de privilégier principalement les bibliothèques et ludothèques pour enfants


 

5 - CREATION

 

CONSTAT

 Les problèmes de la création sont ceux de la liberté d'expression, de publication et de diffusion pour l'auteur comme pour l'éditeur ou le libraire. Le pluralisme politique consacré par la constitution et les traités internationaux ratifiés par l’Algérie garantissent aujourd'hui l'exercice de ces libertés.

 

PERSPECTIVES

 La protection des œuvres et des créateurs devrait être assurée par un organisme de droits d'auteur dont la gestion serait paritaire : auteurs-éditeurs-pouvoirs publics, ce qui supposerait une modification du statut actuel de l'ONDA, sous la tutelle exclusive de l’administration.

De même, la loi sur les droits d'auteur devrait être révisée dans le sens d'un assouplissement des relations contractuelles auteurs-éditeurs notamment dans sa disposition imposant la rémunération des auteurs.

 

6 - La coopération internationale

 

CONSTAT

 

L'une des causes essentielles de la stérilité relative de l'édition nationale a été le recours facile à l'importation de livres, qui a dispensé du nécessaire effort de création éditoriale et d'amélioration du produit local.

Les freins objectifs à l'exportation du livre algérien résident dans la faiblesse de nos performances en termes de qualité de délais, de prix et de réglementation.

 

perspectives

 

Il convient de substituer une politique d'échange et d'acquisition de droits à l'importation systématique et onéreuse de papier imprimé, tenant compte de la nécessaire ouverture sur le marché extérieur.

Coéditer, coproduire, former des professionnels de l'édition dans l'aire géogra­phique environnante : Maghreb, monde arabe et zone franco­phone (Afrique, Canada...)

L'expérience a démon­tré la nécessité d'améliorer le pouvoir de négociation des éditeurs algériens par :

-leur coopération au sein de leurs associations profession­nelles,

-l'intervention des représen­tants de l'État algérien face aux institutions représentant d'autres états (attachés cul­turels, centres culturels étrangers etc...)

  

7 - Les liens : université-presse-édition

 

                ° UNIVERSITE °<==>° EDITION °

                  * Création de revues

                  * Vulgarisation scientifique

                  * Diffusion de la recherche

                       (Banques de données)

 

                ° UNIVERSITE °<==>° PRESSE °

                  * Critique littéraire

                  * Diffusion scientifique

 

                   ° PRESSE <=====>EDITION °

                  * Création journalistique et éditoriale                

                  * Critique littéraire

                  * Promotion du livre

CONSTAT

 Les relations entre les trois pôles essentiels de l'action culturelle: presse, université, édition n'existent qu'à l'état embryonnaire dans notre pays.

 

PERSPECTIVES

 Il y a urgence à :

* créer des revues entre universités et éditeurs

* créer des structures de coopération type centres de recherches ou associations spécialisées.

* faire vivre la critique littéraire et scientifique

* médiatiser le livre par la TV, vidéo, cinéma, publicité.

8 - DES  MONOPOLES STERILES

 

CONSTAT

 

Le quasi-monopole passé dans l'édition et l'imprimerie n'a pas favorisé la dynamique éditoriale car un éditeur qui ne peut choisir ni la date de sortie, ni la qualité, ni le prix de son livre n'est pas réellement capable de jouer son rôle créatif.

Jusqu'à présent les services administratifs : douanes, police, affaires religieuses continuent à exiger des visas d’édition ou d’importation

 

 PERSPECTIVES

 La diversification des maisons d'édition et des imprimeries améliorera la compétitivité dans l'édition des livres.

De même la formation  des professionnels dans tous les métiers du livre: composition, préparation de copies, maquette, illustration, reliure, marketing, pub etc...ainsi que l'investissement dans les technologies nouvelles (sans verser dans le gigantisme de mauvais aloi) garantiront la qualité et la productivité de l'industrie du livre.

 

Rédigé par Boussad OUADI

Publié dans #EDITER EN ALGERIE

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