Lettre de Henri Maillot, mort les armes à la main, pour l'indépendance de l'Algérie

 Mort au champ d'honneur, pour l’indépendance de l’Algérie, le 5 juin 1956 à Djebel Derraga à El-Karimia, ex-Lamartine, (Wilaya 4 historique).

Le , Henri Maillot déserte et détourne un camion d'armes et de munitions pour rejoindre au maquis  "Les combattants de la liberté" 

« L’écrivain français Jules Roy, colonel d’aviation, écrivait il y a quelques mois : si j’étais musulman, je serais du côté des fellagas. Je ne suis pas musulman, mais je suis Algérien, d’origine européenne. Je considère l’Algérie comme ma patrie. Je considère que je dois avoir à son égard les mêmes devoirs que tous ses fils. Au moment ou le peuple s’est élevé pour libérer son sol national du joug colonialiste, ma place est aux côtés de ceux qui ont engagé le combat libérateur. La presse colonialiste crie à la trahison, alors qu’elle publie et fait sien les appels séparatistes de Boyer-Bance. Elle criait aussi à la trahison lorsque, sous Vichy, les officiers français passaient à la résistance tandis qu’elle servait Hitler et le fascisme. En vérité, les traîtres à la France, ce sont ceux qui, pour servir leurs intérêts égoïstes dénaturent aux yeux des Algériens le vrai visage de la France et de son peuple aux traditions généreuses, révolutionnaires et anticolonialistes. De plus, tous les hommes de progrès de France et du monde reconnaissent la légitimité et la justesse de nos revendications nationales. Le peuple algérien, longtemps bafoué, humilié, a pris résolument sa place dans le grand mouvement historique de libération des peuples coloniaux qui embrase l’Afrique et l’Asie. Sa victoire est certaine. Il ne s’agit pas, comme voudrait le faire croire les gros possédants de ce pays, d’un combat racial mais d’une lutte d’opprimés sans distinction d’origine contre leurs Oppresseurs et leurs valets sans distinction de race. Il ne s’agit pas d’un mouvement dirigé contre la France et les Français ni contre les travailleurs d’origine européenne ou israélite. Ceux-ci ont leur place dans le pays. Nous ne les confondons pas avec les oppresseurs de notre peuple .En accomplissant mon geste, en livrant aux combattants algériens des armes dont ils ont besoin pour le combat libérateur, des armes qui serviront exclusivement contre les forces militaires et policières et les collaborateurs, j’ai conscience d’avoir servi les intérêts de mon pays et de mon peuple, y compris ceux des travailleurs européens momentanément trompés. »

Henri Maillot

Ce document signé de sa main, a été envoyé aux rédactions des journaux parisiens.

Rédigé par Boussad OUADI

Publié dans #NOTRE HISTOIRE, #LA LUTTE DES CLASSES CONTINUE

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