Kateb Yacine écrit à l’adresse des stagiaires des CFPA

Publié le 2 Août 2014

Dans une lettre manuscrite d’Annaba, datée du 30 septembre 1971, Kateb Yacine écrit ceci à l’adresse des stagiaires des Centres de Formation Professionnelle d'Algérie

Sœurs, frères et camarades.

Votre congrès commence par un jour de tempête.

Mais le tonnerre du ciel n’est rien à côté de la voix de la classe ouvrière, quand elle a pris conscience de ses responsabilités.

En pays socialiste, le pouvoir effectif revient de droit aux travailleurs. Et vous, jeunes stagiaires des centres de formation professionnelle, vous êtes le cœur et le cerveau de l’Algérie Nouvelle.

Je suis heureux de vous apporter le salut fraternel des travailleurs de la culture.

Pour nous, écrivains algériens, la jeunesse ouvrière, consciente et organisée, représente le meilleur public.

L’histoire nous apprend que les premiers patriotes algériens furent les simples manœuvres émigrés qui fondèrent, à Paris, l’Etoile Nord-Africaine. Les ouvriers algériens, exilés en France, furent et demeurent les meilleurs patriotes algériens. Et c’est avec les maigres sous des prolétaires expatriés que le Front de Libération Nationale put libérer notre pays.

Aujourd’hui, une lutte à mort se livre pour la révolution. De même que les travailleurs font vivre la nation, ils sont au premier rang de toutes les luttes dans notre pays.

Le sort de la culture dépend des travailleurs. Eux seuls peuvent comprendre, car ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent. Et toute la vie de l’ouvrier n’est que lutte acharnée contre l’exploitation. C’est pourquoi la classe ouvrière peut être d’un poids décisif dans la lutte des fellahs pour la réforme agraire.

Je termine par un appel à la solidarité avec nos frères émigrés.

Un million de martyrs, un million d’émigrés, un million de chômeurs…

Tout cela n’empêche pas que nous avons des millionnaires !

Mais tout cela n’empêche pas que la révolution vaincra.

Il nous faut être vigilant.

D’immenses tâches nous attendent, pour la patrie algérienne, pour la révolution socialiste.

Rédigé par Boussad OUADI

Publié dans #NOTRE HISTOIRE, #TAMAZGHA NNEGH

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